Eu égard à son relief subdivisé en deux parties, l’une montagneuse et l’autre sous forme d’une vaste plaine, la commune de Frikat au sud de la wilaya de Tizi Ouzou, est à vocation agricole.
Ainsi, pour la saison écoulée, les agriculteurs ont eu au total, six cent trente hectares qui ont été emblavés avec une dominance pour le blé tendre (cinq cents hectares) et le reste pour l’orge. « La campagne moissons-battages tire à sa fin », nous confirme M. Fellahi, en sa qualité d’agent de vulgarisation agricole communal.
« Des rendements très appréciables avec des pics arrivant jusqu’à vingt-cinq quintaux à l’hectare dans certains champs y ont été enregistrés. Les céréaliers qui ont suivi l’itinéraire agricole ont bien réussi, je vous cite à titre d’exemple Moussaouio, Bouzouagh et les EAC3 », enchaîne-t-il.
Pour cet agent, les céréaliers ont été incités à emblaver d’importantes superficies par le crédit sans intérêt Erifig (le compagnon) initié par la Banque agricole pour le développement rural (BADR). « Ces crédits ont permis aux bénéficiaires de s’approvisionner en semences, en engrais d’engraissement et en désherbants », souligne-t-il dans son intervention.
Quant à la vente de la récolte, elle est assurée par le CCLS de Draâ Ben Khedda. Pour notre interlocuteur, le prix de 4 500 dinars le quintal a lui aussi encouragé les céréaliers à investir dans cette filière. « D’ailleurs, en raison de ce prix, il n’y a pas de rétention de récoltes de la part des céréaliers », dit-il. Tout de même, un petit retard est accusé au cours de cette campagne, qui selon le même agent, est dû essentiellement au manque de moissonneuses-batteuses. « Les deux engins existants sont en panne. Quatre autres sont arrivés pour mener à bon port cette campagne », nous répond-il au sujet des moyens mis à la disposition des céréaliers. `
Certes, certains diront que le prix de la location fixé à 3 000 DA/heure est un peu exagéré, mais la même personne estime qu’il est abordable par rapport aux rendements appréciables d’une part et au prix du quintal d’autre part.
Pour les céréaliers, la pluviométrie étalée équitablement sur les saisons hivernale et printanière a été aussi un autre facteur de réussite de la céréaliculture dans la région. « Le relief de la plaine présentant une petite pente a permis aux épis de se fructifier car les eaux de pluie, contrairement aux autres plaines dont le relief plat retient l’eau durant des mois a freiné quelque peu les pousses au début pour être surprises par un été précoce », notera un céréalier ayant obtenu une récolte dépassant de très loin celle de l’an dernier.
Amar Ouramdane
