Reportage réalisé par Amar Ouramdane
Ne dit-on pas que ce sont les Hollondais qui avaient construit cet établissement à la fin des années 1970 ?
Effectivement, en raison du point stratégique qu’il occupe d’une part, et en raison aussi de ses infrastructures bien entretenues d’autre part, la commission des œuvres sociales de l’éducation de Tizi-Ouzou a préféré ce lycée pour accueillir les familles du secteur et passer d’agréable moments dans le calme et la sécurité.
Personne ne va contredire le directeur du camp de vacances lycée Omar-Toumi, Hocine Ould l’Hadj dont le credo est le triptyque : sécurité, moralité, hygiène. Pour cette saison estivale, pas moins de cinq cent soixante et onze estivants sont inscrits pour y passer leurs vacances à Tigzirt. Dans une virée sur les lieux, nous avons approché aussi bien le directeur du centre que les familles. A ce sujet, nous livrons ce reportage à nos lecteurs.
Sécurité, hygiène et morale
Etant est l’un des chevronnés dans l’organisation des centres de vacances pour les familles du secteur de l’éducation, Hocine Ould l’Hadj ne laisse rien au hasard. Pour ce cadre des œuvres sociales de l’éducation, avant tout les vacanciers doivent être sécurisés. « Le choix de ce lycée n’est pas fortuit. C’est un lieu très sécurisé aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur », nous dit ce directeur avant de nous évoquer le règlement intérieur que chaque famille devra suivre scrupuleusement pour le bien-être de tout un chacun. « Seules les personnes inscrites sur la fiche de renseignements seront habilitées à séjourner au camp. Toute personne non assurée restera sous la responsabilité du chef de famille », est l’un des articles consignés dans ce règlement. Pour notre interlocuteur, les estivants doivent aussi faire preuve de sérieux et de respect afin de ne pas perturber le repos de tout un chacun. M. Ould l’Hadj qui parle de moralité ne badine pas sur le respect strict dudit règlement quand on lit que toute personne en état d’ébriété sera purement et simplement exclue du camp. Alors que pour la propreté des lieux, tout a été pris au sérieux : sanitaires hommes d’un côté, sanitaire femmes de l’autre. La distribution de l’eau et des repas se fait aux horaires indiqués dans le règlement intérieur. M. Ould l’Hadj a pensé même à mettre à la disposition des familles un congélateur dans lequel elles peuvent déposer leurs bouteilles d’eau et même un foyer à l’intérieur du camp où elles peuvent acheter des cartes téléphoniques et tout ce dont elles ont besoin. Une véritable vie dans le camp sans aucun dépaysement. « En plus de ce qu’on nous sert au réfectoire, on peut gâter nos enfants en leur achetant des biscuits et autres friandises au niveau de ce point de vente », nous a dit une mère de famille.
Trois sessions pour164 familles
« Nous avons trois sessions de dix jours chacune entre le 16 juillet et le 15 août, nous a expliqué M. Ould l’Hadj. Pour la première session, nous avons reçu 53 familles, pour la deuxième (l’actuelle), 56 et pour la dernière nous en accueillerons 55. » Chaque famille bénéficie d’un séjour de dix jours en pension complète (petit-déjeuner, repas de midi, goûter et dîner) au réfectoire avec une table en son nom et d’une structure indépendante d’hébergement. Tout au long de notre tour dans ce lycée, nous avons aussi visité l’infirmerie où sont pris en charge des malades en urgence. Un infirmier et une infirmière veillent sur la santé des estivants. Ce qui est aussi apprécié par les familles est que leur transport aux plages de Feraoun ou de Tassalat est assuré par des bus. « Nous avons fixé des horaires pour transporter les estivants aux plages car elles sont un peu loin du camp », a enchaîné notre interlocuteur.
Ammi Ali, un cuisinier âgé de 85 ans
En bon organisateur, le directeur du centre a choisi de faire appel à un cuisinier retraité âgé de 85 ans. « Il est très sérieux. Et puis, c’est dans les vieilles marmites qu’on fait la bonne soupe », a estimé ce responsable. Effectivement, les dires de ce dernier sont confirmés par les familles. « Nous mangeons avec appétit les plats préparés sous les yeux bienveillants de Ammi Ali, notre cuisinier », nous a lancé un enseignant du primaire qui savourait le jour de notre visite un tajine zitoune. Comme cet enseignant, ils sont nombreux à abonder dans son sens. « J’ai exercé ce métier depuis plus de 40 ans », nous a dit avec simplicité Ammi Ali en dépit de son âge avancé. Ce qui plaît aussi aux estivants est cette convivialité qui règne au réfectoire. « Personne ne nous dérange. On fait comme chez nous, a enchaîné cette dame qui vient séjourner dans ce camp pour la première fois. Je reviendrai chaque année ». La plupart des estivants comparent ce camp à un hôtel cinq étoiles. « Ici, ce n’est pas le confort qu’on vient demander mais plutôt le repos et le calme. Nous avons besoin de ça après une année de stress et de labeur », a estimé cet autre professeur de lycée. Au réfectoire, les chambres froides sont opérationnelles et la chaîne de froid très bien respectée, car pour M. Ould L’Hadj la santé des estivants passe elle aussi en premier. Les menus hebdomadaire et journalier sont affichés sur un tableau d’affichage.
Animation, jeux et loisirs
« Vous voyez, nous avons ici un coin réservé aux estivants. Ils ont à leur disposition des livres, des romans, des magazines, des BD et des jeux éducatifs. Il y en a pour tous les âges », a ajouté le directeur qui nous a fait visiter ce coin prévu même dans son bureau. Alors que pour les enfants, un tournoi de football et de basket y sont organisés, les filles ne sont pas en reste car elles sont aussi invitées à participer au concours de cuisine. « Dans un camp, il n’y pas seulement la plage. Il faut aussi penser aux animations », a ajouté notre interlocuteur pour lequel le savoir-vivre n’est pas un vain mot. La nuit, des soirées artistiques et musicales sont programmées. « Le respect doit être le credo de chaque estivant », estime un estivant. « Vraiment, c’est un coin idéal pour le repos. Nous sommes très bien pris en charge. Nous remercions beaucoup le directeur du camp qui est à notre écoute », nous a déclaré Saïd Salem PES au lycée polyvalent d’Iferhounène. Et d’ajouter : « En tout cas, les nouveax membres de la commission des œuvres sociales ont réussi beaucoup de choses en un laps de temps très court depuis leur installation. S’ils n’ont pas programmé les centres de colonies de vacances pour les enfants c’est parce qu’ils n’ont pas assez de temps. » Approché Djamel, un instituteur en vacances dans le camp a confirmé les mêmes dires.
Y a-t-il un problème d’eau ?
Tigzirt a un grand problème d’alimentation en eau potable, mais il nous a été donné de constater qu’au sein de ce camp, le problème ne se posait pas. Interrogé à ce sujet, M. Ould l’Hadj nous a répondu que c’est un problème qui se pose avec acuité pour les habitants de Tigzirt, mais avec les moyens mis à la disposition du camp par les autoriés locales et l’eau que Le responsable achète, les vacanciers du camp sont satisfaits. « Nous achetons l’eau. Pour la première session, nous avons dépensé 25 000 DA. Le problème est réglé car nous avons fait un programme de distribution aux horaires fixes, c’est une façon d’organisation ni plus ni moins » a souligné le responsable… En tout cas, grâce à la commission de leurs œuvres sociales, les fonctionnaires ont droit quand même à quelques jours de repos bien mérité. Avant de quitter le camp, nous avons sollicité M. Ould l’Hadj pour un dernier mot : « Je rends un grand hommage aux membres du syndicat d’entreprise des travailleurs de l’éducation ainsi qu’à ceux de la commission des œuvres sociales qui sont toujours dans leurs bureaux au moment où tout le monde est en congé dans le seul but de satisfaire les travailleurs du secteur.
Ce sont des personnes qui travaillent dans l’ombre. Je n’oublie pas aussi les autorités locales avec lesquelles nous entretenons d’excellentes relations si bien que nos familles sont satisfaites ». En quittant les lieux, les familles jurent de revenir dans ce camp, car elles ont eu tout ce qu’elles avaient espéré avant de prendre la décision de s’y inscrire. Car, dans ce camp où les familles sont venues d’horizons divers le respect est une règle dominante. De notre côté, souhaitons à tous les vacanciers bon séjour.
A. O.
