Comme chaque été, le manque d’eau se fait ressentir dans de nombreuses régions de Kabylie : ce n’est pas que l’eau manque réellement — les pluies et les neiges ont été partout abondantes, cette année — mais on manque de moyens de l’acheminer vers les villages. Résultat : on se rabat sur les fontaines, les puits et les différents points d’eau que l’on trouve. En général, les eaux des fontaines sont saines et les gens qui possèdent des puits prennent souvent la précaution de faire analyser la qualité des eaux avant de la consommer, mais certains, pour ne pas engager de frais, ne le font pas. Dans certains villages encore, les systèmes d’évacuation des eaux usées sont en mauvais état et peuvent donc infecter les systèmes d’APE, surtout si ceux-là ne sont pas en meilleur état. Parfois, on peut même voir des égouts éclatés, déverser leurs eaux usées, en pleine nature, ou même dans les villages : ces eaux ne manquent pas d’en imprégner le sol et donc d’infecter la nappe phréatique, l’eau des pluies et des sources… Sans oublier les champs qui peuvent être également atteints, les arbres fruitiers, les cultures potagères… Certaines pratiques peuvent également souiller l’eau : ainsi, l’habitude, dans certaines régions, d’égorger les bêtes ou des waâda à proximité des sources et de laisser sur place le sang et d’autres déchets, voire des morceaux de chair ou de peau qui finissent par pourrir et imprégner le sol. Toutes ces atteintes aux ressources hydriques peuvent provoquer de graves préjudices à l’environnement mais aussi à la santé de l’homme. L’été, il ne faut pas l’oublier, est la période des maladies à transmissions hydriques…
S. Aït Larba
