Dans les contrées de Kabylie, et plus précisément dans la vallée de la Soummam, on se pose toujours la question suivante : Comment se fait-il que des villages ou des quartiers sont dépourvus des éléments vitaux de la vie ?
C’est le cas du quartier Tigrourine, qui se trouve dans le village de Debha, sur les hauteurs d’Amizour, où des familles entières vivent depuis 1995 dans l’indifférence totale des autorités locales et même de la wilaya. Ainsi quinze foyers sont alimentés aujourd’hui en électricité avec des branchements illicites, et avec tous les dangers que peuvent encourir les enfants et les passants, surtout en hiver, et là, il ne faut pas perdre de vue que des accidents pareils sont signalés dans certains endroits de la vallée de la Soummam. Ce qui engendre des dangers permanents pour la population.
Ainsi, malgré les correspondances adressées par l’association dudit quartier, aux services de l’APC et de l’APW, pour leur venir en aide afin de régler une bonne fois pour toutes ce problème, mais rien n’est venu mettre fin la colère des habitants du quartier, et les décisions sont restées en l’état de promesses, sans plus. Le quartier et par l’intermédiaire de son association n’a pas cessé de frapper à toutes les portes, mais sans résultats et le problème reste sans suite, et ce, depuis 1995. Rappelons que les services de la Sonelgaz ont, à chaque fois, répondu par la positive, mais avec des devis excessifs, dont le dernier avoisine les 65 millions, alors qu’il s’agit d’une zone urbaine et partant de là, elle devrait être alimentée en énergie électrique et gazière le plus normalement du monde. C’est ce qu’on pourrait lire dans une déclaration qui a été adressée à M. le wali et le P/APW de Béjaïa, la direction régionale de la Sonelgaz de Sétif et celle des mines et de l’industrie de Béjaïa « Nous, les membres de l’association Thidukla, trouvons la nécessité d’alimenter notre quartier en énergie électrique et gazière, sachant que notre quartier est situé dans une zone urbaine, à moins d’un kilomètre du chef-lieu de la commune d’Amizour, dont le nombre de foyers dépasse la quinzaine. De plus, le poteau électrique le plus proche se trouve à moins de 150 mètres, et le tuyau du gaz à une distance de 100 mètres ». Une demande pour laquelle les services de la Sonelgaz de Béjaïa avaient répondu en demandant à ladite association de lui transmettre un plan de masse, ce qu’elle a fait, mais aucune suite n’a été donnée à ce jour, et la réponse est restée à l’état des promesses. Le président de l’Association Thidukla, Boubekeur Louheb en l’occurrence nous a révélé que « pour l’instant rien n’est officiel. Il n’y a que l’officieux, et d’après les démarches que nous avons faites, on nous a révélé que c’est dans le bon sens, mais à savoir. Certes nous avons confiance en nos élus, que ce soit ceux de l’APC ou de l’APW. On nous a promis que notre démarche a été adoptée en délibération », dira-t-il avant d’enchaîner pour dire. « Sincèrement en 2009, un quartier qui se trouve à quelque 500 mètres à vol d’oiseau et qui n’est pas électrifié depuis 1994, nous pousse à nous inquiéter, et ce pour la simple raison qu’il y’a une absence totale de la part des élus locaux, cela même si les élus APW ont pris en charge le problème, mais ce n’est pas suffisant. On nous a demandé de s’organiser en association et voila que ça fait une année que c’est fait mais rien n’est venu pour nous prouver la bonne volonté des autorités à régler ce problème. J’avoue que c’est honteux de parler de ce genre de problème en 2009, alors qu’il y’a tout un programme au niveau du président de la République et de l’APW ». Notre interlocuteur terminera en disant : « Avec 48° à l’ombre, on n’a même pas le droit à un climatiseur, avec les temps qui courent, c’est presque tout le monde qui a un micro chez-lui, et nous, on n’a pas le droit, et ce pour la simple raison que le branchement ne nous appartient pas. Dire que nous sommes marginalisés, c’est peu par rapport aux situations qu’on vit. En tous les cas, je défie quiconque de me dire que les autorités locales connaissent même notre quartier ». Cependant les habitants de ce paisible quartier, tout en souhaitant que les autorités accélèrent la procédure, ne souhaitent pas être poussés à sortir dans la rue pour manifester leur colère, car ce genre de truc est révolu. Alors à quand le bout du tunnel ? Attendons pour voir, mais une chose est sûre, il semblerait que ce quartier ne figure pas dans la carte géographique de la commune d’Amizour, car, sinon comment expliquer le fait qu’on ne lui prête aucune attention, que ce soit, pour l’eau potable, le gaz de ville ou l’électrification, alors que le ramassage des ordures fait partie du programme de l’APC ?
Rahib Medhouche
