Tafoughalt – Le bureau de poste à l’abandon

S’il est vrai qu’Algérie-poste s’est engagée à rénover les bureaux de poste ruraux laissés à l’abandon durant la décennie noire, celui de Tafoughalt (Aït Yahia Moussa), en revanche, n’est toujours pas pris en charge. Pourtant, ce ne sont pas les réclamations villageoises qui manquent. Mis en service durant les années 80, ce bureau est le plus ancien de toute la daïra de Draâ El-Mizan.

«A-t-il seulement l’aspect d’un bureau de poste?», s’interroge un riverain. «Ce bureau, poursuit-il, n’a pas été repeint depuis plus de trente ans. Regardez ses persiennes… Rien ne dit qu’il s’agit d’un bureau de poste». En effet, cet établissement public a perdu de ses couleurs. Ses murs sont noircis et décrépis par les aléas de la nature et du temps.

La bâtisse est tellement délabrée qu’on croirait qu’elle date d’une époque lointaine. «Ce bureau postal a été opérationnel même en pleine période de terrorisme. Il n’avait été fermé que durant deux ou trois ans par mesure préventive», signale un ex-membre du comité du village Tadukli. «Après des démarches au niveau de la direction d’Algérie poste, ajoute-t-il, il a été rouvert. Nous avons même eu des garanties qu’il sera plus rentabilisé puisqu’il rend service non seulement aux six mille habitants du village mais aussi à ceux d’El-Hammam, relevant de la commune de M’Kira.

C’est dire qu’il est quand même important. Mais rien n’est fait pour le moment. Pourtant, il y a des bureaux de poste moins importants qui ont été modernisés. Nous interpellons encore une fois les responsables de ce secteur à jeter un regard à notre bureau postal». «Une opération de réfection est d’autant plus urgente que la toiture de la bâtisse est truffée d’avaries», signale-t-on. Par ailleurs, les citoyens d’Ath Atella, dans la même commune, ne cessent de réclamer la prise en charge de leur bureau postal, fermé depuis des années.

«De nombreuses commissions ont été dépêchées sur les lieux, mais la réouverture de cet édifice reste toujours au stade de promesses parce qu’en principe, les travaux devaient être lancés au mois de mai dernier. Malheureusement, pour le moment, nous ne voyons rien venir. Ce bureau est indispensable dans une région comme la nôtre parce que nous sommes à quinze kilomètres du chef-lieu communal», souligne un adjoint au maire et membre du comité de village. Outre les bureaux de poste, nombre d’établissements publics implantés dans les villages, comme les salles de soins, les antennes de mairie et les foyers de jeunes sont soit fermés, soit dégradés, ou les deux à la fois, en attendant une hypothétique prise en charge.

Amar Ouramdane