La jeunesse dans l’expectative

La commune d’El Kseur, était l’une des communes les plus riches de Bgayet avec beaucoup de moyens en l’occurrence une zone d’activité, et une zone industrielle où les unités économiques privées et étatiques se sont installées.

Mais, malheureusement, depuis les années 2000, et après les événements de printemps noir, les opérateurs économiques décident de s’installer dans d’autres villes comme Blida, Boumerdès, Setif, Alger… Nous prenons comme exemple : Le cas de la raffinerie (qui sera installée normalement à côté de la RN 26), et le cas de la cimenterie d’Ibarissen (à côté de Toudja). Aujourd’hui, l’investissement est quasiment inexistant, et la création d’emplois se raréfie. « Aucune embauche à El Kseur, s’il y aura, à qui sera le tour ? » nous dit Hafi, 28 ans, licencié en sciences commerciales sans emploi.

« Quel avenir pour la jeunesse d’El Kseur ? » dira pour sa part, Nassim, 24 ans, ingénieur en quête d’embauche. A El Kseur, le rêve d’un exil réel côtoie la fuite virtuelle. Pour quelques-uns qui n’ont rien d’autre à quoi s’attacher, fumer un joint et sombrer dans l’alcool n’est qu’un moyen pour « voyager » en attendant un avenir plein de surprises. Comme beaucoup d’autres communes de la Soummam, celle d’El Kseur est totalement dépourvue de lieux de détente et de loisirs indispensables aux familles et aux seniors. Les jeunes et les moins jeunes, en ce début de vacances scolaires et de fortes chaleurs, n’ont rien pour se divertir.

Ni parc de loisirs, ni autres c’est le désert dans la commune, « Pas d’infrastructures qui peuvent accueillir des milliers d’estivants et de vacanciers durant l’été, et qui seront les lieux de détente pour les El Kseurois et les enfants de la région pendant toute l’année » nous dit, M. Mehrez, vice-président de l’association Tiklat.

« Nous n’avons pas un seul endroit où promener nos enfants. Nous n’avons ni jardin ni petit parc avec balançoires et toboggans pour permettre à notre progéniture de passer une bonne journée », affirme un père de famille. Notre interlocuteur se désole de cette situation incompréhensible et inadmissible au niveau de sa commune.

« Je suis obligé de me déplacer aux plages de Bgayet, à la forêt d’Adekar ou de Yakouren, ou à la brise de mer et débourser une somme d’argent très élevée pour divertir mes enfants et passer une bonne journée. Cela me revient très cher », ajoute-t-il. « Je suis obligé de me déplacer les week-ends à Setif afin de permettre à ma petite fille de profiter des jeux et autres divertissements qui se trouvent au parc d’El Fouara », signale un autre père de famille résidant à Berchiche.

Même son de cloche chez la gent féminine, principalement les femmes âgées. « Nous n’avons aucun lieu pour nous promener en début de soirée et respirer un peu d’air après une journée passée à la maison », se désole cette mère de famille. Le pessimisme relevé chez la majorité des habitants de ladite commune est partagé également par le représentant de l’association touristique et culturelle d’El Kseur. Selon M. Samir, les jeunes n’ont que la rue pour exercer leurs hobbies et jouer au football.

Notre interlocuteur affirme qu’il a pris attache avec les responsables d’administrations locales pour la réalisation des lieux de loisirs et de jeux pour les enfants au niveau du chef-lieu communal, mais toutes ces démarches sont restées sans lendemain, selon ses dires. Le problème de foncier ne pose aucun problème selon le premier responsable de la daïra. Selon un responsable de l’APC, interrogé sur les terrains abandonnés suite à la démolition d’anciennes bâtisses et qui ont été transformés en parkings ou en décharges sauvages, notre interlocuteur indique qu’ils relèvent des services des Domaines et des propriétés de particuliers. Quoi qu’il en soit, les habitants d’El Kseur s’interrogent sur les raisons qui empêchent les services de la wilaya Béjaïa d’intervenir et de donner une meilleure vision à cette région très oubliée afin de construire des jardins sur les placettes et « de promouvoir du tourisme dans la région » dira, M. Driès, le président de Tiklat. D’ailleurs, le mouvement associatif de la région est entrain de changer la donne pour essayer d’atteindre des objectifs communs dans l’intérêt général qu’i s’agisse « de la prise en charge de la population El Kseuroise dont la jeunesse y compris dans les différents volets culturels, éducatifs, sportifs et de loisirs », conclut un représentant de l’Association Lefnar.

Menad Chikhi