L’huile d’olive en vedette…

Une halte annuelle pour contempler cet arbre éternel aux vertus magiques qui parsème la Méditerranée. En Kabylie, il trône majestueusement depuis toujours en symbole et l’on dit à son propos : « L’olivier est vraiment roi, celui qui en possède suffisamment n’a absolument rien à craindre, il ne manquera de rien ». En un mot, il est tout.

Journée instructive

C’est une bonne année d’olivaison, juge un responsable des services agricoles de la wilaya de Béjaïa au cours d’une journée d’information sur l’olivier le 30 novembre dernier à l’Institut technique des arbres fruitiers (ITAF) à Takarietz. Organisé conjointement par la Chambre de l’agriculture, la DSA et l’association des apiculteurs de la région de la Soummam, le regroupement a constitué pour les uns et les autres une occasion pour débattre de la situation actuelle des oliveraies de Béjaïa et les mesures à prendre à même d’améliorer et d’augmenter leur productivité. Des questions sur lesquelles se sont penchés les participants à ladite journée. Durant la matinée deux conférences ont été animées, l’une autour de la qualité de l’huile d’olive et l’autre autour des sous-produits de l’olivier.

Selon les termes de la première conférence, l’huile d’olive est « un pur jus de fruit », car elle est produite par des procédés mécaniques et non par raffinage. Mais pour avoir une huile de qualité, insiste la conférencier, il faut s’en tenir, entre autres, à la période optimale de la récolte des olives destinées à la trituration, laquelle, explique-t-elle, est liée au degré de leur maturité. Elle a fait également savoir aux oléiculteurs présents ce jour-là à l’ITAF, que le gaulage altère la qualité de l’huile, et ce suite aux lésions que provoque la gaule au fruit et augmente automatiquement son acidité.

En ce qui concerne le transport des olives, la conférencière insiste à ce que l’opération se fasse en utilisant des sacs en jute et la transformation du produit doit intervenir dans un temps très réduit, car, explique-t-elle, le stockage long et inadéquat fera apparaître des défauts comme, cite-t-elle, le chômé, le moisi humide et le rance. Pendant la trituration des olives il est impératif, souligne-t-elle, que le moulin soit propre, et ce pour éviter le rancissement des huiles produites. Quant au stockage du produit fini, l’oratrice recommande à ce que cela s’effectue dans des cuves en acier inoxydable ou bien dans des cuves souterraines avec en appoint des revêtements faïencés. S’agissant du conditionnement de l’huile d’olive et sa conservation, il est adéquat d’utiliser des bouteilles en verre fumé qui vont servir de contenants au produit, lequel, fait remarquer l’intervenante se vend sur le marché international, contrairement aux huiles algériennes, regrette-t-elle, qui peinent jusqu’à aujourd’hui à se faire une place malgré le potentiel réel de l’Algérie en termes de qualité et de production. D’ailleurs, cette année, il est attendu que la production connaisse une augmentation de l’ordre de 150%, mais qui reste toutefois en deçà du potentiel de l’Algérie, car elle n’est en clair que de l’ordre de 01% par rapport à la production mondiale. « Une production faible par rapport à la moyenne mondiale. Il reste beaucoup à faire au regard des insuffisances et retards qu’accusent notre pays », estime un cadre de la Direction des services agricoles, en révélant au passant que le ministère de l’Agriculture a tracé un programme d’action pour la plantation d’un million d’oliviers, et ce à travers dix-sept wilayas, dont Khenchela a été choisie comme wilaya-pilote. La superficie totale des oliveraies à travers le territoire national s’étend sur plus de 296 000 hectares. Il est à signaler en outre que les oliveraies de la wilaya de Béjaïa représentent plus de 25% du potentiel national.

L’olivier et dérivés

Il a été aussi question lors de cette journée de sensibiliser les oléiculteurs quant à la nécessité de revaloriser les sous-produits de l’olivier, à savoir la margine et le grignon. Deux sous-produits de l’olivier généralement jetés dans la nature par méconnaissance des avantages qu’ils peuvent apporter à l’homme et à l’olivier et qui ont été abordés par le deuxième conférencier et non moins directeur de l’Institut technique des arbres fruitiers de Takarietz.

Ainsi, le grignon, dira-t-il, peut servir comme combustible et fournir du chauffage au même titre que le fuel. Pour la margine, poursuit-il, elle peut servir d’engrais pour fertiliser davantage les sols où sont implantés les oliviers. Selon lui, l’utilisation de la margine comme engrais contribuera à augmenter le rendement de l’olivier et l’utilisation du grignon comme combustible permettra à la flore d’en finir avec les rejets des huileries qui sont de surcroît polluants.

Dalil S.