Sièges d’APC fermés, routes barricadées… tel est le quotidien que vivent les citoyens de la Kabylie ces dernières semaines. A Bgayet et plus précisément à Akbou, à Tizi-Ouzou ou à Bouira, le vent de colère semble souffler encore une fois sur cette contrée, dont les mœurs politiques n’ont jamais démenti leur caractère frondeur. Devant la démission des autorités locales, la population se tourne vers la rue pour exprimer son irritation. Après tant de promesses faites durant la campagne électorale, et qui s’avèrent être « des promesses de Gascon », la population finit par rejoindre, encore une fois, la seule tribune qui lui est fidèle, la rue ! Le spectre d’une explosion plus généralisée se tramant à l’horizon, les pouvoirs publics, notamment les élus locaux, choisissent la fuite en avant, en lieu et place d’un répondant aux doléances des citoyens qui réclament, plus de respect, de l’emploi et du logement… Ces élus qui semblent ne pas plier « les gaules » des chantiers qu’ils ont essayé d’entamer, se trouvent devant une situation inextricable. L’élément humain, désigné pour présider aux destinées de la région, d’une incompétence avérée, se conjugue à un retard provoqué et entretenu des années durant par les pouvoirs publics. La Kabylie qui est sortie lassée des évènements sanglants du Printemps noir porte toujours les séquelles d’une révolte qui lui a coûté sa substance la plus chère, son sang ! Nos élus locaux portés à tambours battants à la tête des collectivités locales préfèrent niveler par le bas, ce qui est un choix médiocre. Au lieu de promouvoir un dialogue serein et responsable avec les administrés, ils choisissent le bras de fer. Au lieu d’apporter des solutions aux problèmes quotidiens de leurs électeurs, ils restent confinés dans les idées émises par leurs chapelles politiques. La manifestation de violence est devenue tel un leitmotiv chez la population. A chaque distribution de logements, de pensions, les citoyens dénoncent la politique des deux poids deux mesures appliquée par leurs responsables. Combien de listes de bénéficiaires de logements ont été remises en cause par la population, laquelle dénonce, souvent, le traitement de faveur à l’égard des amis, des connaissances… En somme, ils dénoncent un coup de Jarnac qui vient encore salir l’image d’une administration vouée aux gémonies des réflexes répressifs hérités des années de socialisme à l’algérienne ! Devant les différentes escapades qu’ils font, les responsables locaux ne savent-ils pas qu’ils doivent « numéroter leurs abattis » devant ce qu’ils provoquent comme mécontentement?
Mohamed Mouloudj
