Les terres agricoles englouties par le béton

De nombreuses terres agricoles à Aftis dans la commune de Boudjellil ont été au fil des années, remplacées par des bâtisses à usage d’habitation ou commercial. Ces terres autrefois considérées comme le grenier agricole des colonisateurs français ont en effet avec le temps, laissé place à une avancée effrénée du béton. Sur le tronçon traversé par la RN 106 (ex CW 42 A), poussent comme des champignons des villas somptueuses et des commerces tous azimut.

La moitié de la superficie agricole de cette plaine fertile qui a longuement fourni des fruits et des maraîchers quelques années après l’indépendance ont servi d’assiettes de terrain pour suivre l’explosion démographique. Même situation du côté foncier agricole situé de part et d’autres du CW 42 qu’on a morcelé et vendu à des prix qui ont commencé à flamber depuis 2007 avec l’octroi par l’Etat des aides à l’habitat rural. Le prix du mètre carré à pris une courbe ascendante pour atteindre et franchir les 1000 voire les 1500 DA. Et davantage lorsque l’endroit est stratégique et bien situé pour être convoité pour une activité commerciale.

L’agriculture de subsistance de tout temps pratiquée par les habitants s’est progressivement effacée, pour être remplacée par diverses activités commerciales, et artisanales. Seuls quelques vergers arboricoles ont survécu à l’abandon du travail de la terre imputé à une longue sécheresse, au tarissement des ressources hydriques, la pollution. L’exode rural vers les centres urbains est justifié par une course effrénée d’un cadre de vie meilleur et d’un job pour survivre. C’est vrai, que l’agriculture qui s’est raréfiée, a laissé place à de nombreux garages où des jeunes ont fini par dénicher un emploi. De nombreux métiers s’invitent tous aussi indispensables les uns que les autres : mécanicien, tourneur, ferronnier etc.

Certains ont jeté leur dévolu sur de petites fabriques de matériaux de construction à base de ciment, d’autres ont choisi de faire dans l’aviculture ou l’élevage d’ovins et de bovins.

Tout le monde semble avoir trouvé son compte même ceux qui ont choisi d’investir dans le transport de matériaux de constructions plus exactement de sables et autres produits extraits d’alluvions des oueds (sable, gravier) lesquels ont, en ce moment, la cote sachant que, d’Est en Ouest, le pays n’est qu’un gigantesque chantier de construction insatiable.

Z. Z.