Au moins une dizaine de sablières se livrent à une exploitation aussi anarchique qu’effrénée du sable de l’Oued Soummam. Chaque jour que Dieu fait, des processions de tracteurs et de camions de gros tonnage remplis de sable à ras bord, vont alimenter les chantiers de construction à partir de la Soummam.
Il faut relever, cependant que l’extraction et l’enlèvement de ce matériau ne sont pas l’apanage des seules sablières. A la pelle ou en se servant d’engins, une nuée d’exploitants ne s’embarrassent d’aucun scrupule pour vider le lit de son substrat. Cette activité sert dans la plupart des cas, de moyens subsidiaires pour arrondir des fins de mois difficile ou de succédané temporaire pour des quidams en rupture de ban.
Toujours est-il, que l’exploitation irrationnelle de sable, a engendré d’énormes cratères dans le lit majeur de la Soummam, allant jusqu’à détourner le cours du fleuve et celui de ses affluents. Par delà la défiguration de l’environnement de l’oued dont on peut, à la limite, s’accommoder, le préjudice causé à la nappe phréatique peut s’avérer autrement plus grave. En l’absence du substrat fonctionnant de manière imparable comme un barrage filtrant contre les eaux de percolation, il n’y a nul autre rempart à même d’empêcher la charge polluante charriée par le cours d’eau de souiller la nappe souterraine.
N. Maouche
