Cacophonie sur les prix des rechargements prépayés

C’est le cas de le dire, particulièrement, dans le secteur de la téléphonie mobile où l’instauration d’une taxe de 5% sur les rechargements prépayés, instituée par l’article 32 de la LFC a bouleversé le marché et créé une cacophonie.

La confusion est telle que les clients des trois opérateurs n’arrivent plus à comprendre les raisons d’une telle augmentation. Si officiellement la taxe est supportée et due exclusivement et mensuellement par les opérateurs de téléphonie mobile, sur le terrain les choses se passent autrement. La tarification affichée quant aux différentes formules de rechargement prépayé laissent perplexes les usagers puisqu’elle rend, paradoxalement, compte d’une augmentation sensible des prix, même si les opérateurs affirment n’avoir appliqué aucun changement dans le barème des prix. C’est ce qui ressort d’ailleurs du communiqué rendu public par OTA. « OTA informe que la taxe de 5% sur les rechargements prépayé est à sa charge et qu’elle n’est pas répercutée par conséquent sur l’abonné », est il indiqué. OTA précise, dans le même communiqué, que les tarifs de carte de recharge ou des rechargements à distance (Flexy) ne subiront aucune modification. Même topo chez l’autre opérateur privé Nedjma qui « n’a, à aucun moment, procédé à l’augmentation des prix de vente de ses recharges prépayées ». Dans le même sillage, l’Autorités de régulation des postes et télécommunications (ARPT) a adressé aux trois opérateurs de téléphonie mobile une directive leur rappelant justement que la taxe est imposée aux opérateurs non aux consommateurs. Même l’inspection générale des impôts a publié un communiqué dans lequel elle invite tous les intervenants à se conformer aux dispositions de la loi. Tous ces rappels et mises en garde ne sont, bien évidemment pas venus à bout des spéculateurs et autre adeptes du gain facile qui continuent, impunément, à s’enrichir sur le dos du portefeuille du simple citoyen. Une virée effectuée hier, par nos soins dans plusieurs points de vente et surtout les comptes-rendus de nos correspondants dans différentes localités de la wilaya, à Boghni, Maâtkas, Draâ El-Mizan… nous a permis de constater que l’augmentation est toujours là et a produit un effet dissuassif auprès des consommateurs contraints à minimiser leurs dépenses en consommation et à réduire le budget qui y est consacré. C’est dans ces moments de crise du marché (dans son vrai sens) que l’Etat se doit de retrouver son statut d’élément régulateur dans le circuit économique. L’intervention de l’Etat devra permettre au moins la stabilisation des prix et d’éviter au consommateur un surcoût qui aggravera l’érosion de son pouvoir d’achat.

Omar Zeghni