Sensible augmentation du trafic sur le CW 42 A

Le CW 42 A dont on attend impatiemment la réalisation de la deuxième tranche prévue en principe pour le mois de juin dernier connaît une augmentation sensible et graduelle du flux de la circulation. La route, qui se veut une voie de communication incontournable, et une infrastructure, dont reste tributaire l’avenir économique de la région voire du pays, semble réclamer chaque jour davantage un statut compatible avec son importance.

Beaucoup d’usagers y voient un raccourci et une aubaine d’évitement. La RN 26, qui se prolonge à travers la RN 26 à partir du carrefour d’Ahnif (ex-Maillot) s’assimile pour les automobilistes de l’Est ou du Centre du pays à un véritable coupe-gorge. « Dommage que le tronçon Beni Mansour Boudjellil soit toujours dans un piètre état », se plaint amèrement un camionneur accomplissant le rude périple chaque jour. D’autres camionneurs pensent que la circulation a déjà explosé depuis que l’ECOTP a livré la première tranche récemment. « C’est une bouffé d’oxygène. On fait désormais les 15 km entre Beni Mansour et Aftis en une durée réduite de moitié », fait remarquer le conducteur d’un semi remorque assurant le transport de graviers pour une firme chinoise chargée de la réalisation de l’autoroute Est-Ouest dans la région des Bibans et à El Yachir à l’Est du pays. Tous reconnaissent que cet axe permet à un grand nombre de camionneurs de tirer en ce moment leur épingle du jeu. « Il y a une manne d’emplois sans précédent avec ces chantiers autoroutiers gigantesques qui ont d’énormes besoins en matériaux de construction », nous dit un autre transporteur d’alluvions avant de rappeler qu’un important échange économique prospère en ce moment entre la wilaya de Béjaïa et d’autres wilayas du pays. On constate en outre le transport de produits énergétiques qui s’opère au moyen d’un arsenal de camions-citernes.

Sans cet approvisionnement quotidien en essence et en gazole et en GPL, que deviendraient de nombreuses stations services dans les wilayas de BBA, Sétif, Msila, Mila ? Des entrepôts de sable et autres produits pour faire du béton sont crées ça et là : ce qui donne une précieuse opportunité aux chômeurs de trouver de l’emploi. Il y a aussi de nombreux véhicules légers immatriculés dans différentes régions du pays qui circulent sur ce chemin de wilaya auxquels les pouvoirs publics ne veulent pas donner les moyens de se moderniser et d’être à même de contenir un trafic jugé de plus en plus croissant. Sur le tronçon Boudjellil Beni Mansour, on ne nous dira jamais les dures et périlleuses conditions de circulation parce que la chassée est étroite ou dégradée. Résultat : à Laârkav, c’est un parcours du combattant sur cette route permettant à peine le passage d’un seul poids lourd que de permettre un croisement normal de deux camions de gros tonnage. parfois, un des véhicules abordant la montée ou la descente bascule dangereusement dans ces fossés profonds de moindre niveau que la chaussée. Les conducteurs de ces camions transportant de lourdes cargaisons évoluent dans des conditions de circulation aussi périlleuses que pénibles. Malgré le statut que lui reconnaissent les usagers, il reste que le CW 42 A continue à être déconsidéré et loin d’être apprécié comme voie en passe de devenir une route à grande circulation. Pas de signalisation pour l’heure. Peu de moyens pour informer à l’avance les usagers des dangers qui les guettent. Les promesses des services de la DTP sont restées au stade de l’illusion. Habitants de la commune et passagers excédés par le délabrement, les poussières ont plus d’une raison de ne pas s’impatienter. Dans les beaux projets tracés noir sur blanc, on a programmé par exemple de procéder à tous les travaux de voierie (assainissement, AEP) avant la pose du bitume.

Une route décente et cohérente n’est pas envisageable sans la deuxième tranche promise pour l’été. Mais quel été, pardi ! Dans l’oubli, des milliers de véhicules passent en cette période de grandes affluences de vacanciers vers les plages de Béjaïa. Le CW 42A fait peine à voir. Tout ce beau monde s’offusque à trouver un chemin d’un autre âge qui ressemble étrangement au lit d’une rivière très active. Le cauchemar ne semble pas se dissiper. Eprouvés par les nuisances, les citoyens de Beni Mansour semblent sur un baril de poudre.

Z. Z.