Conférences et animations au menu

Pour sa part, la kasma du FLN d’Ouzellaguen a concocté un programme d’activités commémoratives avec au menu, une conférence-débat centrée sur le 20 Août 1956, un tournoi de football des moins de 15 ans, des chants patriotiques et, en guise de clôture, des cérémonies de recueillement au cimetière des martyrs d’Ighzer Amokrane et au village Ifri, qui a abrité le Congrès de la Soummam.

Enfin, pour marquer cet événement à sa manière, le FFS a programmé pour la matinée d’aujourd’hui, une conférence au niveau du carré des martyrs du Printemps noir, sis dans l’enceinte de l’APC d’Ouzellaguen. La conférence sera animée par le premier secrétaire du parti, en l’occurrence Karim Tabbou.

[Il ya 53 ans, le Congrès de la Soummam]

Deux ans après le déclenchement de la lutte armée, la guerre faisait rage, la France du gouverneur Lacoste, qui a déployé un arsenal de guerre impressionnant et un effectif de 200 000 hommes, s’apprêtait à doubler son contingent. Le peuple algérien outré par les exactions de la soldatesque française, a pris fait et cause pour la révolution. Les différentes tendances du mouvement national sont parvenues à mettre en sourdine leurs dissensions et rallier le mouvement de lutte armée, y compris Ferhat Abbas, avec qui le FLN avait jusque-là maille à partir. C’est donc un FLN fort de son unité et cristallisant l’aspiration de tout un peuple à l’indépendance qui a jugé de l’opportunité de faire le point de la situation et d’élaborer de nouvelles stratégies de lutte. Ce fut le premier congrès du FLN, tenu le 20 août 1956 à Ifri, un petit village de montagne situé à 8 km au nord de la ville d’Ighzer Amokrane.

Les travaux du congrès ont été sanctionnés par une charte qui a consacré la naissance du premier Etat algérien républicain. Des résolutions majeures ont été adoptées : création de deux instances de direction chargées de conduire la suite de la guerre, le CNRA (conseil national de la révolution algérienne) qui est la direction politique du FLN et le CCE, structure qui avait pour mission la coordination des opérations militaires.

La propagande colonialiste qui tentait de faire accréditer la thèse selon laquelle la lutte armée n’était que le fait de « hors-la-loi » et de quelques groupuscules isolés, subit un sérieux revers. Hélas, sitôt la guerre achevée, les luttes intestines transcendées jusque-là, reprennent le dessus. De graves conflits d’intérêts apparaissent au grand jour : le complot de Tlemcen, la guerre autour des négociations de Menin, la cristallisation des contradictions des chartes de Tripoli et d’Alger…

La lutte pour le pouvoir est ouverte ! Une poignée de « conquistadors » mégalomanes et despotes firent du FLN un parti unique et le métamorphosèrent en catapulte à leur dévotion.

Depuis l’Indépendance jusqu’à une date récente, parler de cet héritage politique et culturel relevait du tabou. On craignait le froid des Aurès et du Djurdjura, encore plus le sirocco du Grand Sud. On se parlait par charades, à mots couverts, la rumeur faisait le reste. Cette tentation méprisable qui consistait à considérer toute sensibilité qui véhiculait de la fraîcheur comme un courant géniteur de germes pathogènes et dangereux pour la santé fragile de notre jeune nation. Balivernes que tout cela ! Tout ce qu’est susceptible de confiner notre culture dans le ghetto du subjectivisme humiliant, contribue objectivement au développement de clivages irrédentistes. Notre histoire reste à écrire et pour ce faire, il faut l’expurger de tous les apocryphes. Il est tellement plus sain et autrement plus bénéfique pour le pays de se réconcilier avec son histoire… sans histoires !

N. Maouche