En finir avec la “dynamique” du blocage des APC

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En effet, les mandats se suivent et se resssemblent pour des structures censées servir en premier lieu le citoyen en ce sens qu’elles constituent la première porte qu’il sollicite pour le règlement de ses préoccupations quotidiennes. Les APC sont-elles donc victimes d’un pluralisme politique ? Sont-elles handicapées par un manque de maturité politique flagrant des élus dont certains se sont retrouvés, parfois grâce à un (bon) coup du sort, siéger au sein d’une assemblée locale malgré une incompétence avérée et reconnue publiquement ?

A Tizi-Ouzou, le blocage des assemblées locales prend même l’allure d’une dynamique d’ensemble, d’un effet “boule de neige” au point de toucher une dizaine de localités. Les raisons ? Des différends politiques, de visions entre les membres de l’assemblée et dans la majorité de cas des luttes d’influence et d’intérêts, de partage du “butin”, les dispositions de l’actuelle code communal faisant le reste.

Ouadhias, l’opposition monte au créneau…

Après une période de relative stabilité, la commune des Ouadhias a renoué hier avec les problèmes et autres conflits qui minent l’assemblée. Cette dernière qui était, pour rappel, paralysée durant tout un mandat, est depuis hier bloquée après le non réservé par l’opposition à l’ordre du jour proposé par l’exécutif communal. Il s’agit de la troisième réunion de l’assemblée qui aboutit de fait au blocage. La majorité n’étant plus du côté de l’exécutif, les trois élus FFS, un élu RCD et un autre FLN forment le nouveau bloc qui paralyse l’assemblée. Nous n’avons malheureusement pas pu obtenir une déclaration des élus de l’opposition ; le président d’APC de son côté s’est dit désolé de la situation dans laquelle se trouve l’assemblée communale. “Je suis vraiment désolé car l’ordre du jour a une grande importance pour nos concitoyens. Il s’agit de l’approbation du budget supplémetaire 2009, de l’approbation du marché portant réalisation d’une bibliothèque communale et surtout de l’adoption du plan de gestion qui devait aboutir au recrutement d’une trentaine d’ouvriers. C’est dire que c’est un ordre du jour d’une importance capitale pour notre commune. L’opposition est dans son droit, elle joue son rôle. Quant à la position de l’élu FLN, nous avons transmis les rapports et les informations nécessaires à notre parti qui dispose d’un règlement intérieur et d’une commission de discipline, c’est à la moudhafadha de décider”, nous dit

M. Hallou. Celui-ci s’est montré tout de même optimiste par rapport à l’avenir de sa région, même si l’APC des Ouadhias est bloquée. La crise qui la secoue donc a, à la vue des rebondissements auxquels l’on s’attend, de beaux jours devant elle.

Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions avec surtout la position des différentes parties en conflit, l’opposition et les élus indépendants qui ont contracté une alliance avec le maire FLN.

Limite de l’actuel code communal…

Autre commune à subir les affres du blocage. Agouni Gueghrane est paralysée depuis près de cinq mois. Le P/APC de la localité regrette ce blocage qui nuit beaucoup plus aux citoyens. “La revendication d’une commission d’investigation formée par des élus est insensée. Je suis prêt à solliciter tous les services de contrôle. Je suis maire et je suis légaliste, je respecte les lois de la République”, nous dit M. Beddek. Pour sa part, Tayeb Mokadem, député RND, met ce blocage sur le dos des luttes partisanes dans l’assemblée. “Pour notre formation, nous avons reçu des instructions du secrétaire général de ne pas bloquer quelle que soit la configuration de l’APC car le blocage est avant tout contre la population”, dira-t-il. Le député de la wilaya de Tizi-Ouzou estime que dans le cadre de la révision du code communal, il est important de doter le maire et l’assemblée de beaucoup plus de prérogatives afin qu’ils puissent exercer convenablement leurs mission. L’APC de Mechtras n’est pas loin aussi de cette configuration puisqu’une nouvelle majorité s’est formée et constitue l’opposition composée des élus FFS, FLN et les démissionnaires du RCD. Selon des indiscrétions, l’on avance que le nouveau code communal révisera dans le fond le mode de fonctionnement des APC. L’on se dirige vers la création d’un troisième organe au sein des municipalités, le secrétaire général qui aura le statut d’organe à part entière aux côtés de l’APC et du maire. Ce dernier sera, selon la première mouture du nouveau code communal dont une copie a été adressée à quelques présidents d’APC, élu sur la base d’un vote des élus parmi les candidats dont la liste a obtenu plus de 30 % des voix. C’est donc la fin de la très controversée loi de proportionnelle qui confère à des blocs parfois minoritaires de disposer d’une marge de manœuvre utilisée à des fins de marchandage politique basé sur le “donnons – donnons”. Le nouveau code consacrera aussi la fin du retrait de confiance contre les P/APC, dont le pouvoir sera légué à la seule autorité du wali qui pourra dissoudre, dans des cas bien précis, toute l’assemblée.

Omar Zeghni

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