Bien qu’elle soit une localité aux diverses ressources, ladite commune reste noyée dans la misère et le sous-développement endémique, Parmi ses ressources, l’on cite, le volet touristique. La commune possède des forêts, des montagnes, mais aussi elle jouit d’une côte longue de près de 10 km. Ladite côte s’étend de l’oued Hettouche jusqu’à la limite territoriale avec la wilaya de Boumerdès. La seule présence humaine est celle des habitants du village Mazer, peuplé de près de 2000 âmes, une population livrée seule au sous développement et aux affres du terrorisme depuis plus d’une décennie. La côte est d’une beauté splendide formée de falaises, de plages, et de maquis, noyés dans l’oubli et l’indifférence. Avant l’avènement du terrorisme, les autorités locales de l’époque ont tenté de mettre en valeur cette côte, en créant une zone d’extension touristique (ZET) à la sortie ouest du village Mazer, plus exactement, sur les hauteurs du lieudit « le rocher 40 ». A l’époque, plusieurs opérateurs, ont exprimé leur vœux d’opérer dans cette zone. D’ailleurs, un investisseur a été retenu, et même des travaux d’études et de terrassements ont été lancés pour la construction d’un complexe sous forme d’un village. touristique. Ledit projet s’est heurté au problème du foncier, du fait que les terrains sont domaniaux, et par la suite les espoirs ont été anéantis avec l’avènement du terrorisme, qui a fait de cette région l’une de ses principales bases arrières. La partie est de cette côte, est pour la plupart une propriété privée. Durant la période d’avant terrorisme, l’on a assisté à une vague de vente de terrains de particulier à particulier. En un temps record de somptueuses villas ont poussé tout au long de cette côte. Parmi les nouveaus résidents d’été de cette côte, l’on compte le leader de l’ex, FIS, Abassi Madani, qui a érigé une villa. Pendant plus d’une décennie de guerre et de terreur, cette côte a sombré dans le chaos. Les bâtisses réalisées sont devenues des demeures fantômes, utilisées parfois par les groupes armés comme refuges. De nos jours, malgré que le risque demeure, la situation securitaire a beaucoup évolué. N’est-il pas temps de songer à doter Mizrana d’une économie et d’une politique touristiques ? Une virée au siège de l’APC, qui se situe à une vingtaine de km de cette côte, nous renseigne, sur une timide volonté des autorités à exploiter son littoral. Pour seul indice, une carte géographique récente est placée dans un cadre, que l’on a déposé anarchiquement dans le hall du premier étage de la mairie. C’est une carte détaillée, consacrée au littoral de cette commune. Pour avoir un peu plus de précisions, aucun élu n’était présent. Un employé de l’APC nous explique qu’aucune réflexion n’a été consacrée à ce domaine par l’APC. Hormis quelques pensées vagues, exprimées parfois, mais qui restent très insuffisantes en vue d’assumer un sursaut touristique à la commune. Ajoutez à cela l’appartenance des terrains au service des domaines, ainsi que le climat de normalisation sécuritaire qu’il faudra renforcer davantage. En plus de ses dix km de littoral inexploités, Mizrana, jouit d’un autre site touristique qui se situe à Agouni Goghrane, lieudit la Crête, à 3 km au sud du chef-lieu. Ce lieu se situe à la croisée de chemins stratégiques. Il est d’une superficie de plusieurs héctares. Depuis l’Indépendance, il est utilisé comme lieu de regroupement de colonies de vacances, et d’autres manifestations touristiques. Ce lieu splendide est malheureusement transformé en caserne militaire, dans le sillage du terrorisme. Victime d’une conjoncture, qui s’est abattue contre elle, telle une malédiction, Mizrana reste une commune pauvre, dont sa situation contraste avec la richesse de ses potentialités, dont dame nature l’a dotée gratuitement. Espérant qu’un jour les choses vont changer ?
Mourad Hammami
