Deux forages en cours de réalisation

Depuis des années, la commune de M’kira qui regroupe des dizaines de villages et autant de hameaux connaît à longueur d’année un manque perpétuel d’eau potable, si bien que les citoyens ont maintes fois exprimé leur mécontentement, en vain, et ce depuis une décade, aucune solution n’a été définitivement trouvée à cet épineux problème en dépit de tous ces programmes soi-disant tracés en commun accord avec les différents services, daira, hydraulique, Algérienne de Eaux et municipalités voisines… Apparemment, une initiative à savoir l’alimentation par forages a été trouvée. Selon les autorités locales représentées par le vice-président d’APC, avant la dissolution de l’assemblée deux forages ont été lancés dernièrement dans deux lieux différents : Thala Aâchrin et Thala N’Cheh. A en croire les réalisateurs de ce projet, déjà après quelques mètres creusés, le débit s’annonce prometteur. « C’est un bon signe », sans dire plus, nous a déclaré un puisatier traditionnel. Cette appréciation réjouit plus d’un. Dans une virée dans certains villages, les citoyens que nous avons eu la chance de rencontrer ont commenté différemment l’avenir de ce projet. Certains ont accueilli favorablement cette initiative car ils savaient pertinemment que c’est là la meilleure solution pour pouvoir un jour arriver à une alimentation équitable entre les villages. « Vous voyez, même si l’Etat a déboursé des sommes colossales pour réaliser des dizaines de kilomètres à partir de Tadmait, l’eau n’arrive jamais dans nos robinets. Je trouve que ce problème sera résolu si de telles opérations sont bien menées », pense un habitant de Bouhadj. Alors que d’autres estiment qu’il ne s’agit là que des solutions aléatoires. « Pour en finir avec ce problème, il faudrait engager de gros moyens. On ne peut plus maintenant, alimenter plusieurs villages avec des forages dont l’avenir n’est pas certain en cas de sécheresse », ajoute un citoyen du village El Hammam situé à la limite avec la commune d’Ath Yahia Moussa. Quant aux élus, ils sont de cet avis mais à condition de multiplier ce genre de forages partout là où il y a espoir de trouver ce liquide précieux. En tout cas la population de M’Kira qui ne cesse de vivre ce calvaire au quotidien ne sera satisfaite que lorsque cette denrée rare pour laquelle elle dépense énormément d’argent, coulera du robinet en quantité satisfaisante. Au passage, il faudra signaler qu’à M’kira, un père de famille dépense plus de la moitié de ses revenus pour l’achat de l’eau (1600 dinars pour chaque citerne de 1000 litres). Aux yeux de quelques personnes rencontrées, la réhabilitation des sources à l’abandon constitue, elle aussi, une panacée. Faudra attendre encore quelques mois, c’est à dire la fin de ce projet, pour en savoir plus sur la réussite de cette nouvelle réalisation. En attendant sa concrétisation, les M’kiris doivent encore avoir beaucoup de patience car ils devront faire d’autres sacrifices en dépit de leur situation qui frôle la misère lorsque l’on sait que dans cette vaste contrée ô combien déshéritée, aucune unité de production n’a été réalisée.

Amar Ouramdane