Entamé le vendredi par les Libyens et les Turcs, le dimanche par les Pakistanais et le samedi pour la majorité de la communauté musulmane, le Ramadhan, ce mois sacré commémorant la révélation du saint coran au prophète Mohamed (QSSSL) a déjà achevé sa première décade malgré un début anarchique décidé à leur guise par les différents gouvernants des pays musulmans.
« Je n’arrive pas à comprendre le comportement des musulmans à chaque mois de Ramadhan. Pourtant, il est clairement dit que si le croissant lunaire n’a pas été observé dans la nuit du 29e jour du mois de chaabane, ce dernier durera 30 jours et le premier jour du mois de Ramadhan sera le surlendemain « , dira Hamid, un jeune très pieux que nous avons rencontré devant la mosquée du quartier d’Iheddaden à Bgayet. Neuvième mois higérien, ce rituel sacré est touché, cette année, de plein fouet par la crise mondiale et notre pays en est particulièrement concerné. Ce constat peut être vérifié à travers le peu d’engouement des citoyens aux étals des marchés tellement l’inflation est dans tous les esprits.
Donc, malgré les particularités de ce 4e pilier de l’islam poussant les consommateurs à faire des emplettes quotidiennement, cette fois les Algériens se sont contentés de réaliser les derniers achats traditionnels la veille pour ne faire que quelques approvisionnements nécessaires au jour le jour. Cette situation de pauvreté qui n’en dit pas son nom laquelle touche plusieurs ménages voit arriver à sa rescousse, uniquement et exceptionnellement durant le Ramadhan, un partenaire appelé solidarité. Le ministère concerné, par le biais de ses structures de wilaya notamment le Croissant-Rouge, organise des couffins de Ramadhan et des restaurants du cœur au profit des démunis. Outre ces organismes étatiques, des âmes charitables contribuent aussi à ces actions de bienfaisance. D’ailleurs, à titre d’exemple, un industriel de la station balnéaire d’Aokas, après l’avoir fait l’an dernier, a récidivé cette année en confectionnant plus d’un millier de couffins très consistants, remplis d’une quinzaine de produits dont une bonne part de viande bovine, qu’il est en train de distribuer pour l’ensemble des familles démunies des communes de la région est de la wilaya de Bgayet. Selon une source proche de ce dernier, même la commune du chef-lieu en a bénéficié de quelques couffins. Heureusement qu’ils sont de plus en plus nombreux les citoyens bienfaiteurs sinon l’Etat n’aurait pas pu prendre en charge ces familles pauvres dont le nombre augmente d’année en année.
Pour cette année, les services de l’action sociale ont dénombré plus de 16.000 familles démunies et leur prise en charge pour les couffins et les restaurants errahma a nécessité une enveloppe de près de quatre milliards de centimes dont plus de la moitié provenant des budgets des communes et l’autre partie est financée par la wilaya et le ministère de la Solidarité nationale.
Outre ces familles, d’autres pauvres bénéficieront des repas chauds offerts par les quatorze restaurants rahma ouverts à travers la wilaya de Bgayet.
A. GANA
