L’hygiène et la propreté sont loin d’être le point fort des commerçants qui n’ont de regard que pour la recette sans se soucier ou ne tenir compte de la santé du consommateur, dans ces provinces de l’arrière pays, c’est le même décor qu’offrent tous les lieux où s’exercent des activités commerciales des produits alimentaires, que ce soit au niveau des marchés hebdomadaires, les placettes ou les devantures des magasins, un décor hideux, effroyable de matières alimentaires sensibles exposées à la vente sans aucune protection, particulièrement en cette période de Ramadhan où se produit un rush sur certaines de ces matières telles les ingrédients secs ou moulus et des épices très recherchées pour la chorba.
Ces produits se composent de plus d’une dizaine de variétés parfumées qui attirent toutes sortes de mouches, insectes et abeilles et sont exposées dans de vulgaires sacs en jute à portée de ces nuées d’insectes qui s’y abattent sans se faire prier et forment une couche remuante sur ces produits.
Même constat chez les vendeurs occasionnels de Zlabias et d’autres sucreries qui en plus des mouches qui accrochent toutes sortes d’impuretés qui flottent dans l’air et finissent dans l’estomac du consommateur, sachant qu’à l’inverse des fruits et légumes frais, les matières énumérées ne peuvent être ni lavées ni essuyées, elles sont consommées telles qu’elles sont ramenées du marché ; contenu et contenant tout ce qui rentre fait ventre disait l’adage. Même le pain n’échappe pas à ce traitement répugnant avec en plus la différence d’être ausculté et soupesé par des dizaines de mains avant de quitter le cageot ou l’étagère où il est entreposé à la portée des mains et des mouches.
Ce qui est assommant dans toutes ces horribles scènes est que toutes ces matières sales et polluées sont facilement écoulées ; ni les intoxications par séries, ni les campagnes de sensibilisation ne semblent produire un quelconque effet sur une population fascinée par la vue de cette nourriture sous l’effet de Ramadhan, une clientèle prise dans les griffes d’une boulimie visuelle et qui ne cesse de manger du regard tout ce qui est consommable.
Les deux parties (commerçants et clients) se partagent en parts égales la responsabilité de cet état de fait et doivent également et en toute logique écoper de la même sanction. Devant l’inconscience des uns et des autres, l’Etat doit se manifester énergiquement afin de limiter les dégâts que cause l’incivisme sur la santé publique sachant que chaque administration est dotée d’un service dont le rôle est justement la prévention, l’hygiène et la répression de ce genre d’atteinte.
Au lieu de se jeter la balle comme c’est le cas actuellement, ces services ne doivent-ils pas au contraire unir leurs efforts pour mener à bien la mission pour laquelle ils sont rémunérés au lieu de noyer la presse par des communiqués chiffrés en matière d’interventions, contraventions et saisies qui sont avancées globalement ; ces chiffres auront plus de crédibilité le jour où ils seront détaillés par commune et pourquoi pas par village. C’est dans ces zones reculées que le problème est réel et palpable non pas aux chefs-lieux de daïras ou de wilayas où les commerçants font acte de discipline et de respect à l’égard de la réglementation et l’on comprend fort bien pourquoi.
Oulaid Soualah
