Ramadan : la frénésie des achats tombe

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Il n’a suffi que d’une semaine du Ramadhan pour observer un recul sensible de la fièvre des achats qui s’est emparée des citoyens durant les premiers jours de ce mois sacré. La frénésie des emplettes est tombée aussi subitement qu’elle n’a commencé, un état de faits qui s’explique par deux raisons : la première étant la hausse vertigineuse et non moins subite des prix de toutes les denrées alimentaires et celles subventionnées par l’Etat y compris ; la hausse des prix ayant depassé l’entendement a été un premier frein pour l’ardeur “débridée” des consommateurs. Des prix qui leur font perdre leur appétit ou plus précisément leur “boulimie visuelle”. La deuxième raison, est l’angoissante rentrée scolaire qui pointe du nez et qui précède à peine d’une semaine, la fête de l’Aïd El Fitr. Un simple calcul mental suffit de dissuader n’importe quel chef de famille à maintenir le même rythme des dépenses ce qui l’incite plutôt à tirer énergiquement sur les cordons de la bourse. L’exemple le plus concret du recul net des achats est la disparition de l’habituelle chaîne devant l’unique marchand de z’labia de M’chedallah qui a beau s’ingénier dans l’achalandage et même une baisse de 10 DA sur le prix de cette confiserie ramenée à 150 DA le kg, rien n’y fait, on ne se bouscule plus devant son comptoir. Même constat au niveau des placettes que se sont accaparés les vendeurs occasionnels de fruits et légumes, ce n’est plus la grande foule. Ces marchands qui…voyaient grand en faisant d’importants approvisionnements qu’ils stockaient, confiants quant à leur écoulement rapide voient le piège se refermer sur eux, tenaillés par l’angoisse, au fur et à mesure que le temps passe et que leur marchandise perd ses couleurs et montre des signes de pourrissement. C’est un renversement de situation radicale, l’offre étant devenue beaucoup plus importante que la demande, une situation qui a fini bien entendu par casser les prix. On trouve à l’heure actuelle, la courgette entre 15 et 20 DA, la carotte à 30 DA, la pomme de terre a 35 DA, le piment vert à 40 DA, la tomate, 45 DA cela pour les légumes, les fruits aussi ont suivi, avec le melon et pastèque entre 15 et 20 DA le kg, le raisin premier choix à 60 DA, la pomme à 70 DA. D’autant plus que les commerçants se font suppliants pour refiler quelques kg de marchandise ; finie l’arrogance et le “à prendre ou à laisser” ; peu à peu, on constate que les choses commencent à rentrer dans leur contexte logique grâce à un concours de circonstances, le client a repris sa place de roi.

Une chose est cependant sûre, l’autorité de régulation n’a joué aucun rôle dans ce brusque changement ; étant absente sur le terrain, elle n’a aucun mérite dans cette chute des prix. Pour preuve, dans l’agglomération des zones rurales, le lait en sachet est toujours cédé entre 27 et 30 DA, le pain simple à 10 DA deux matières subventionnées par l’Etat et qui doivent faire l’objet d’un contrôle rigoureux. La chute des prix des matières de consommation s’explique dans ces régions du pays profond par la chute du pouvoir d’achat et rien de plus, la restriction drastique du menu quotidien de l’écrasante majorité de la population y compris la meïda du Ramadhan se passe du tout commentaire.

Oulaïd Soualah

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