Le tronçon de la colère

Si vous avez les nerfs à fleur de peau, n’allez surtout pas emprunter la nationale 09 entre Bgayet et Tichy sauf si vous êtes vraiment obligés. Vous risquez de faire un ulcère si vous ne faites pas un anévrisme ou alors que vous implosiez de colère. En effet, en plus du rétrécissement de la voie au niveau du village touristique Capritour dans la commune de Boukhlifa à l’entrée même de la commune de Tichy, s’ajoute le manque de civisme de la part des automobilistes (pressés) qui doublent de part et d’autre rendant encore la circulation beaucoup moins fluide quand elle n’est pas carrément bloquée durant des heures. Quant aux malades ou blessés à évacuer en urgence sur l’hôpital de Bgayet, ils auront tout le temps de mourir par deux fois (il parait en effet qu’on meurt deux fois dans ces cas-là). Ce calvaire qui dure depuis cinq longues années est le quotidien de centaines de travailleurs en particulier qui en plus de passer huit heures à trimer au travail, passent chaque jour deux heures, voire plus sur la route pour faire deux misérables kilomètres. L’élargissement de ce tronçon de route qui traverse le village et que le wali en personne avait promis à maintes reprises d’entreprendre, n’est que mensonge auquel on nous a d’ailleurs trop habitués. On nous a parlé de trois études pour désengorger le village (quelle belle blague ! Cinq ans, trois études pour tenter d’élargir une route sur trois kilomètres de longueur) cela rappelle un peu le métro d’Alger. Tout comme ce dernier (le métro) là aussi, ce n’est pas demain qu’on verra le bout du tunnel (de la route), d’autant plus que certaines personnes (intouchables) sont autorisées aujourd’hui encore à construire à même le trottoir empêchant par là tout élargissement de la route. En été avec l’afflux des touristes qui voit les usagers de la route se multiplier par cent, il aurait été judicieux de parer au plus pressé en ouvrant par exemple un chemin de secours sur le front de mer pour les ambulances et les urgences ou alors renforcer en moyens humains les nombre de policiers sur la route ne serait-ce pour réguler la circulation et dissuader les chauffards. Mais bien sûr il est utopique de penser comme si on était dans un pays développé, on oublie que nous sommes tiers-mondistes, de surcroît africains, avec en plus l’inertie de ceux qui ont le pouvoir d’ordonner. Alors, prenons notre mal en patience, ce n’est pas demain que ça changera pour nous les petites gens. Une petite consolation tout de même (pour les générations futures), il paraîtrait que les travaux d’élargissement de ce tronçon de la colère seront entamés prochainement. L’agora parle du début de la deuxième décennie. Ne riez pas.

A. M.