Quel avenir pour l’Ilôt ?

En plus de la végétation, formée de figuiers de Barbarie, de bruyères, d’arbousiers, de lustres et de lentisques, le site est habité par une faune composée de canards, de mouettes et de goélands. « Si ça continue ainsi, adieu pour ce trésor naturel », nous dit Karim, un jeune, qui pêche au port de la ville. Ce jeune comme d’autres, nous a exprimé son inquiétude et son incompréhension, sur la menace qui pèse de plus en plus sur cette petite île. La presqu’île qui fait face à l’Ilôte a déjà disparue, ce site n’a plus les pieds dans l’eau, puisque l’endroit est déjà transformé en terre pleine pour le nouveau port. La première menace qui pèse sur l’îlot est celle des hommes. En effet, depuis quelque temps, n’importe qui peut la visiter, à l’aide du transport assuré par des embarcations à raison de 50 DA l’aller et retour. SI certains visiteurs conscients prennent soin de ne pas porter atteinte à l’écosystème, d’autres profanent et détruisent ce milieux. D’ailleurs, une plaque de sensibilisation a été posée sur cette île par la direction de l’environnement, en vue de sensibiliser les visiteurs sur l’importance de protéger cet espace, mais cela reste insuffisant devant l’inconscience de certaines personnes. En 2003, après que des détériorations et des dégradations eurent été constatées dans la végétation, la direction de l’environnement à consacré des travaux de renforcement par la plantation de nouvelles espèces, mais aussi par la construction de quelques murs, en vue de protéger cette île de l’érosion, ainsi que le transport d’une certaine quantité de terre fertile pour assurer plus de vitalité à l’évolution et au maintien de la vie dans cette île. Ces travaux réalisés à coups de plusieurs millions de DA, ont été jugés insuffisants : « Ils se moquent des gens. Une somme de 450 millions de centimes, et rien n’a été réalisé », nous dit Kamel, un citoyen de la ville. L’autre menace contre cette île, est le site choisi pour la réalisation du nouveau port de pêche et de plaisance. Ces travaux ont réduit de moitié la distance qui sépare l’îlot de la côte. Selon certains observateurs, le projet porte atteinte énormément à la beauté des lieux, et menace l’îlot de dégradation, voire même de disparition avec le temps. Entre l’impératif de l’économie et les sites naturels qui sont d’une valeur inépuisable, aux responsables à différents niveaux de trouver des formules de protection de ce trésor naturel, et permettre à la ville de respirer économiquement.

Mourad Hammami