C’est déjà la rentrée scolaire. Aussi bien ceux qu’on a l’habitude de surnommer la classe moyenne ou encore les démunis se retrouvent face à des dépenses faramineuses. Laminées par les fêtes puis par les dépenses du mois de Ramadhan, les familles doivent préparer la rentrée scolaire de leur progéniture. En effet, s’il est dit que certaines familles aisées peuvent permettre de petits caprices à leurs enfants en leur achetant des vêtements neufs, l’habitude chez les autres de les vêtir avec des habits d’occasion est perpétuée ces dernières années. Et ce ne sont pas les fripiers qui manquent à Draâ El Mizan. En plus des cinq ou six boutiques connues pour ce genre de commerces, d’autres arrivent des autres wilayas et s’installent au marché de la ville. « Qu’est-ce que vous voulez ? On n’a pas le choix. Il vaut mieux ces vêtements que d’envoyer nos enfants nus à l’école », nous a répondu un père de famille qui tenait par les mains ses trois petits bambins. Et d’ajouter : « Je vous assure que ces commerçants nous rendent un grand service. Et puis, je préfère bien un t-shirt d’occasion que les vêtements importés de Chine. Ce sont des prix à la portée de tous. » Devant des ballots de linge installés à même le sol, des grappes de personnes s’affairent à soutirer de bonnes affaires. Les habitués vont sur les lieux dès les premières heures de la journée. « Ecoutez, même les adultes portent ces vêtements. J’ai vu des cadres moyens acheter des vestes, des pantalons et même des chaussures », a préféré nous dire cet enseignant. A une semaine de la rentrée, les ventes ont augmenté fortement par rapport à l’été. Pour ce fripier de Bordj Ménaïel, la demande en cette période est très forte. « Comme vous venez de remarquer, certains articles ont subi des augmentations. Car c’est une occasion d’écouler la marchandise, notamment celle destinée pour la saison estivale. Un tee-shirt vendu il y a quelques jours à cinquante dinars a presque doublé, surtout pour les vêtements d’enfants », nous a-t-il confié. Les clients sont si nombreux, qu’il n’est pas facile de se frayer un chemin dans cette partie du marché que d’aucuns désignent du « boulevard de la friperie ». Alors que les prix du neuf se sont envolés, comme tous les autres produits, d’ailleurs. Un ensemble pour garçons à trois mille dinars, le même prix est demandé pour celui des filles.
Des chaussures de marque à pas moins de deux mille cinq cents dinars, et la liste est longue. Quant aux tabliers dont les couleurs sont exigées par le ministère de l’Education nationale, ils ne sont encore mis sur les étals.
Ici, comme tout ailleurs, la rentrée scolaire est placée sous une autre saignée après celle des fêtes et autres célébrations diverses.
Amar Ouramdane
