La distribution du couffin alimentaire, tout autant que les restos “meïdat el-hilal” mettent à nu la situation sociale, peu reluisante dans laquelle se débattent, bon nombre de nos concitoyens. Des pères de familles au chômage ou tout autre personne exerçant un emploi précaire ne ratent pas l’occasion de chercher “un plus” à leurs enfants, quitte à quémander quelques subsides ou tout autre aide en nature.
Destiné, il y a peu, aux seuls démunis, le couffin alimentaire, comme la prime de scolarité, deviennent des objets de convoitise pour de nombreux citoyens à faibles revenus.
Un responsable de comité de village nous a rapporté que des fonctionnaires, de petits artisans et même des commerçants ont réclamé leur “dû” lors de l’établissement de la liste des nécessiteux, devant bénéficier de l’assistance de la mairie.
Or, il se trouve que dans certaines administrations, à l’exemple de l’APC, les fonctionnaires ont profité de cette aide qui commence à prendre l’allure d’un bonus que réclament la plupart des Algériens. Le coût de la vie est tel que la précarité a atteint les couches moyennes de la société.
Dans les régions déshéritées où le chômage a atteint des proportions alarmantes, on rencontre de plus en plus de pauvres qui, sans l’assistance de l’Etat, sombreraient dans la misère.
Ainsi, limiter le nombre de couffins alimentaires reviendrait à établir un classement des plus pauvres qui éliminerait les moins nécessiteux. Une autre forme d’injustice. Une commission, un responsable ne peut refuser de l’aide à ceux qui en expriment le besoin. S’il faut réduire le coût du couffin ou lancer un appel à la solidarité pour répondre à la demande de tous les pauvres, on ne devrait pas hésiter. La mansuétude doit prévaloir en ce mois sacré de “Rahma” pour apporter un peu de baume au cœur de ces petites gens qu’on oubliera, encore une fois, dès que l’Aïd sera passé.
A. O. T.
