L’APC de Tizi-Ouzou est plus que jamais dans la tourmente des problèmes qui la secouent presque quotidiennement. Après les citoyens des villages de Betrouna qui ont fermé le siège d’APC il y a quelques jours seulement et un conflit interne qui a jeté la municipalité dans le cycle infernal de blocage, les travailleurs montent au créneau pour dénoncer la situation de précarité dans laquelle ils vivent. En effet, des travailleurs affiliés à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) ont rendu publique une déclaration « pour dénoncer les agissements de certains élus » coupables à leurs yeux de blocages et d’entrave au droit à l’exercice syndical en tentant de « mettre à l’écart l’UGTA dans le cadre des relation avec le partenaire social ». Dans ce sens, la section syndicale APC de Tizi Ouzou dénonce « les agressions physiques et verbales dont a été victime le secrétaire général de la section syndicale de la voirie par un élu, constituant de ce fait un délit que les travailleurs condamnent fermement et avec la plus grande vigueur ». Ces travailleurs disent, à travers la déclaration dont une copie nous a été remise, qu’ils « ne peuvent se taire devant de tels agissements qui ne plaident guère à la sérénité au sein de notre institution comme en témoigne le dernier arrêté portant dissolution de la commission des œuvres sociales en date du 18 août 2009 soit la période des congés ». Ces travailleurs ont déposé hier, selon des sources fiables, une demande d’autorisation pour la tenue d’une assemblée générale prévue ce jeudi et qui aboutira au dépôt d’un préavis de grève pour les tout prochains jours. Une action qui aggravera le cadre de vie des citoyens de la commune de Tizi-Ouzou déjà sujette à de sérieuses contraintes surtout du point de vue de l’environnement. Une grève des travailleurs de la voirie fera donc de Tizi-Ouzou une ville-poubelle, pire de ce qu’elle est en train de vivre aujourd’hui. La déclaration des travailleurs sonne, bien évidemment, comme un camouflet pour le président d’APC qui ne cesse de subir coup sur coup dans un contexte où son parti, le FLN, est miné par une crise interne et autres tiraillements en vue de se placer candidat aux prochaines sénatoriales qui aiguisent les appétits au sein du parti de Belkhadem à Tizi Ouzou. Cette sortie publique prouve une fois de plus que les choses vont vraiment très mal au sein d’une institution qui connaît ses pires moments depuis le premier mandat de 1997. Les travailleurs de l’APC de Tizi Ouzou s’insurgent contre « l’immixtion de certains élus dans la gestion des œuvres sociales alors qu’il existe une commission préalablement installée conformément aux textes en vigueur dûment mandatée par le P/APC ». Sur un autre registre, les rédacteurs de la declaration-denonciation ont soulevé également le problème de leurs doléances qui ne sont pas encore prises en charge alors qu’elles ont été soumises depuis très longtemps au président de l’Assemblée populaire. « Nous interpellons le P/APC pour la prise en charge dans les meilleurs délais de la plate-forme de revendications déposée en date 14 mars 2009 et restée sans suite », écrivent-ils. L’on s’attendra donc à des rebondissements surtout qu’il s’agit d’un service, la voirie, qualifié de vital pour toute municipalité et dont les travailleurs souffrent paradoxalement des conditions de travail déplorables. « Nous évoluons dans un cadre de travail des plus médiocres, pas de tenues pour les équipes des 3-5, pas de service médical et de médecins malgré la sensibilité de notre travail. Des travailleurs disparaissent chaque année du fait de l’absence de la prévention et la consultation médicale supprimée pour des raisons inconnues, problème des œuvres sociales… « , nous confie un syndicaliste non sans insister sur la détermination des travailleurs à aller jusqu’au bout pour la satisfaction de leurs doléances.
A. Z.
