Le gros centre urbain de Saharidj qui fait office de chef-lieu de commune qui a accédé au statut de commune lors du dernier découpage administratif de 1985 était en fait un centre de regroupement crée par les forces coloniales en 1959. Une démographie assez rapide a fait que ce camp de concentration, s’est rapidement transformé en une agglomération importante pour atteindre à l’heure actuelle le statut d’une petite ville. Cette rapide mutation a pris de vitesse les mentalités qui accusent un certain retard et qui se confinent dans un mode de vie propre à la campagne, les citoyens prennent leur liberté et font dans la résistance quand à l’application des règles de cohabitation indispensable dans une si importante cité au point où chaque quartier garde le nom du village dont sont issus ses résidants tel la cité d’Ighil Hammad, la cité d’Ath Cheikh (du village Ath Ali Outhmim) la cité Thaidha occupée en bonne partie par les citoyens du village Ivelvaren au même titre que le quartier du centre-ville, ce dernier quartier connaît cependant un certain métissage de tous ces villages au même titre que celui d’Ighil Ouzeqour et Iguenan. Pour revenir au sujet qui nous intéresse, et qui est l’indescriptible anarchie qui règne au niveau du boulevard central qui est en fait, un tronçon de la RN 30 traversant la ville dans le sens nord-sud ; c’est sur ce boulevard qu’est situé le centre-ville où se sont concentrés tous les commerces légaux et même informels dans un désordre total.
Des deux côtés de ce boulevard sont érigés dans un alignement discontinu des baraques en tôles aménagées en mini bureaux de tabacs qui occupent le moindre espace directement sur les trottoirs ; ces vendeurs de cigarettes zélés ne se sont pas gênés pour aménager des baraques devant la sortie principale de la mosquée et… l’école primaire sans provoquer un quelconque mécontentement et en toute impunité.
Les trottoirs étant squattés, les riverains sont obligés à circuler directement sur la chaussée, ce qui gène considérablement la circulation automobile et les choses se compliquent tous les lundis, jour de marché hebdomadaire. Un terrain vague à proximité de l’arrêt de bus est transformé en abattoir sauvage de volailles ; on retrouve aussi au niveau de ce boulevard des marchands de fruits et légumes qui ont accaparé leur part du trottoir et qui ne se gênent nullement pour abandonner sur place en fin de journée, leurs déchets pourris et puants qui empestent les magasins d’alimentation générale.
Les automobilistes locaux quant à eux, transforment ce qui reste de ce boulevard en parking des deux côtés et ne laissent qu’une petite issue à la circulation routière faisant fi des plaques d’interdiction de stationnement.
Ce gros centre urbain évolue dans un mode d’organisation qui ne diffère en rien de n’importe quel village où n’existe aucune autorité et ou chacun n’en fait qu’a sa tête et selon ses propres intérêts sans tenir compte d’autrui.
Oulaïd Soualah
