Le prochain congrès amazigh en Kabylie

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En marge du congrès, M. Lounès a animé une conférence de presse en présence de nombreux journalistes, marocains, espagnoles, d’El Mélila et d’Algérie. L’orateur s’est félicité que le congrès ait été une totale réussite en dépit des appréhensions exprimées par certains jusqu’à la veille de sa tenue. “Avant la tenue du congrès, des rumeurs ont circulé concernant son annulation. Beaucoup n’ont pas cru possible l’organisation d’un congrès amazigh au Maroc. C’est vrai que nous n’avons eu aucune facilité mais nous sommes parvenus à relever le défi”, a affirmé Belkacem Lounès. Concernant la posision des autorités marocaines par rapport à la question amazighe, il a dit : “Il y a certes une évolution dans le discours mais elle est insuffisante car le Maroc est est le plus grand pays berbère sur le plan démographique. Au Maroc, on parle berbère du nord au sud. Il est déplorable que le berbère n’ait pas plus d’espace juridique, politique et linguistique”. Et d’ajouter : « J’ai confiance que tamazight soit reconnu comme langue nationale et officielle au Maroc dans un délais court. Il s’agit d’une revendication forte.” Le conférencier a affirmé que des propositions de Kabylie leur ont été formulées pour que cette région abrite le prochain congrès qui devrait se tenir en 2008. Une journaliste marocaine de l’hebdomadaire El Oubour a demandé à Belkacem si la Kabylie demande vraiment le statut d’indépendance et à l’orateur de réfuter cette idée : “Nous demandons une égalité dans le traitement et que tamazight soit reconnue comme langue officielle en tant que langue première en Algérie.Ce ne sont pas les frontières qui font la fraternité mais c’est plutôt le respect mutuel. Par contre l’autonomie régionale est un sujet très sensible pour nous. C’est une manière de restaurer et de préserver notre identité. Car nous avons notre propre conception de la démocratie. Nous ne sommes pas moins civilisés que les européens.”Pour l’orateur, le congrès de Nador permettra de débloquer les mentalités frileuses et craintives de certaines associations activant dans le cadre de l’amazighité.L’intervenant reviendra sur la situation en Kabylie en réponse aux questions des journalistes marocains qui se sont montrés très curieux par rapport à ce qui se passe dans cette région. Il dira : “Le chef de gouvernement a invité les archs à dialoguer. Une partie des archs a accepté et une autre a refusé. Le gouvernement a accepté les revendications de la plate-forme d’El Kseur. Il y a eu une scission dans le mouvement. Comme nous ne faisons pas partie de ce mouvement, nous ne pouvons donc faire aucun commentaire là-dessus. Mais puisque cette division s’est faite de manière pacifique, nous pensons qu’il s’agit d’une démarche démocratique. Chacun a le droit d’avoir une opinions”. Interrogé sur les deux partis du FFS et du RCD, qui représentaient la Kabylie à un certain moment de l’histoire, le conférencier a déclaré que ces deux partis avaient leur base en Kabylie, mais la population a considéré qu’ils n’ont pas été à la hauteur et n’ont pas porté leurs revendication ni défendu les intérêts du peuple. C’est pourquoi, actuellement ces deux partis existent toujours mais ils ont perdu beaucoup de leur base. « Après trente ans de parti unique, les Algériens ont enfin eu droit au multipartisme. Mais les partis qui sont venus après n’ont pas été plus démocratique que le parti unique. Lorsque le député gagne 40 fois plus que le simple fonctionnaire ou un instituteur, on ne peut espérer grand-chose. Avant d’être élus, ils sont avec le peuple et après, il prennent la fusil vers une autre planète », termine M.Lounès.

A. M

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