Circoncision collective “sans distinction”

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Riche ou pauvre, tous les mômes passent. “Nous sommes dans une société foncièrement égalitaire. Aussi, nous estimons qu’organiser une circoncision au seul profit des enfants des familles démunies serait une manière de les isoler et dans une certaine mesure de développer chez eux les sentiments d’infériorité ; c’est la raison pour laquelle nous avons ouvert l’opération de la circoncision à tous”, nous confia M. Belmofek, président de l’association socioculturelle Illulen d’Ighram. Approchés, les autres membres de l’association se sont dit heurtés de voir chaque jour, les médias lourds et la presse écrite rapporter des actions de plus en plus en grand nombre sur les actions de bienfaisance à l’égard des démunis. Pour convaincre de la justesse de leur raisonnement, ils n’hésitent pas invoquer des traditions, telle que l’immolation collective de bête (Timechrit) qui a lieu, du moins jadis, au début de la saison des labours et semences lors de laquelle les pauvres et les riches sont également servis sans distinction aucune. “Une manière pour nos ancêtres de noyer les pauvres dans la masse sociale”, nous disent-ils. La Twiza qui touche pratiquement tous les domaines de la vie est un autre exemple édifiant à ce titre. Pendant cette deuxième édition de cette fête, sept enfants ont été circoncis à l’hôpital d’Akbou à l’occasion du 27e jour du mois sacré de Ramadhan aux frais de l’association. Les enfants ont reçu, chacun selon son âge et ses besoins, des cadeaux offerts par l’association. L’opération aurait coûté 35 000 DA collectés auprès des petites entreprises de la région et grâce aussi aux dons des citoyens du village Ighram. Dans la nuit, la troupe théâtrale Assirem a interprété sur l’esplanade de l’APC la pièce Tissegarin n Tafsut n’80 (les conséquences d’Avril 80) écrite dans les années 80 par K. Benkerrou et adaptée à l’actualité par les membres de la troupe dont la majorité sont étudiants. Bien que la pluie ait légèrement gâché la fête, le spectacle a eu lieu et le public a bien apprécié le travail de la troupe.

B. Sadi

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