Comment… taire ? – Ennui, quand tu nous tiens !

par M. O. Benmokhtar:

Le Ramadhan de cette année ne diffère pas trop de ceux des années précédentes dans la wilaya de Tizi-Ouzou. «C’est du déjà vécu», comme dirait l’autre. La ‘’traditionnelle’’ flambée des prix, qui n’épargne aucun produit, surtout pas les fruits et légumes, est au rendez-vous, la canicule aussi. L’anarchie s’installe dans les localités, les citoyens, commerçants comme clients, s’affolent. L’ambiance Ramadhanesque est pratiquement la même. Durant la journée, c’est le calme plat, chaque jour «c’est vendredi». Après le f’tour, ces villes tentent de se réanimer… en vain. Elles se couchent aussi vite qu’elles se réveillent, en l’absence de structures de loisirs. Les soirées sont en effet souvent écourtées. Au niveau du chef-lieu de la wilaya, il y a un semblant d’animation culturelle, grâce notamment à la direction de la culture qui a initié comme à son habitude, un riche programme à l’occasion du mois de carême, avec au menu des soirées artistiques et théâtrales. Ailleurs, c’est plutôt ledésert. Café maures, cyber et puis…rien, si ce n’est rentrer chez soi et tenter de s’évader à travers les programmes des chaines TV locales. Et souvent, c’est peine perdue, puisque, de l’avis de beaucoup de gens, le programme proposé est loin d’être attrayant. En fin de compte donc, le citoyen en proie à l’ennui. Un ennui qu’il ne connaît que très bien. A longueur de journées, le vide et le stress font partie du quotidien des villageois d’ait Yahia, d’Iferhounene, d’Ath Irathen, d’Iazougen, des Aït Djennads, d’Aït Yahia Moussa, d’Ath Ouguenoun…

M. O. B