Pour cette année encore, une ambiance morose règne, depuis le début du mois sacré dans cette commune, depuis belle lurette, en hibernation culturelle.
Le mouvement associatif local n’existe, malheureusement, que sur papier, au grand dam de la population local lasse de voir les soirées se suivre et se ressembler. Après le f’tour, les premières personnes à rejoindre le chef-lieu sont les propriétaires des cafétérias et les gérants des cybercafés, comme L. M qui vient juste de lever le rideau de sa boîte Internet pour une clientèle avide d’évasion. Interrogé sur Le sujet, ce dernier nous dira : «La recherche des dernières news, la tchatche via les réseaux sociaux, le visionnage de nouveaux films…sont autant les attractions proposées à une clientèle composée essentiellement de jeunes». Le prix de la connexion n’a pas baissé d’un centime, toujours 60 DA l’heure, néanmoins, mais cela n’empêche pas cette jeunesse, qui souffre du chômage, de se connecter pour tuer le temps, lors des soirées en ce Ramadhan identique à celui de l’année passé. La route qui mène à la mosquée grouille de monde vers 22h, c’est la sortie des fidèles, qui viennent d’accomplir la traditionnelle prière de Tarawih. Le chef-lieu s’anime et les cafés se remplissent, c’est le début de soirée pour les adeptes des jeux de cartes et autres dominos, qui s’adonnent à leur plaisir en sirotant des tasses de café ou des bouteilles de jus de fruits. En ce mois de piété et de solidarité les gens de cette région sont restés fidèles aux traditions ancestrales. Un bienfaiteur natif du village Ait Bouhini, en collaboration avec les autorités locales qui lui ont délivré une autorisation d’exploitation de la cantine de l’école Medrar, a transformé cette dernière en un restaurant ‘’Ftour’’, prenant en charge l’achat de tous les produits alimentaires. Quant au personnel qui fait tourner l’infrastructure, son rôle est assuré par des bénévoles de la région. Pas moins de 53 repas chauds et complets sont quotidiennement servis aux nécessiteux de la région, mais aussi aux ouvriers étrangers travaillant dans différents chantiers.
R. A.

