La colère sourde des commerçants

Regroupés, dimanche, en pleine rue Colonel Amirouche, les propriétaires de commerces, nouvellement ciblés par l’évacuation et la démolition, ne décolèrent pas.

« Bien que nous soyons les premiers concernés par la destruction de nos biens, personne n’a daigné discuter de notre avenir, avant d’entamer une quelconque action ».

« Nous ne permettrons à personne d’y toucher sans des garanties ». Dans une déclaration, adressée au P/APC pour lui signifier leur opposition à cette opération, les contestataires lui rappellent qu’il leur avait « promis, début mai, des mesures d’accompagnement, entre autres, une entrevue avec le wali ». « Le déni de nos droits », « le mutisme contre lequel se brisent nos complaintes » ou encore « L’Absence de solidarité de l’Etat » sont entre autres, une partie de la longue liste de griefs retenus pour « Nous opposer fermement et pacifiquement …si entre temps, une entrevue avec le wali n’est pas organisée… » Ainsi, les employés communaux munis de piquets et matériels nécessaires à l’installation d’une clôture durent repartir bredouilles, devant les protestataires décidés à en découdre. Des banderoles, exprimant leur courroux, sont suspendues, en travers de la route, depuis la veille. Les slogans ne prêtent à aucune ambiguïté. Ils s’en prennent directement aux élus qui ne donnent pas l’impression d’être impliqués dans la vie de leur commune : « Elus de l’opposition ou simples commis du wali ». La plupart des commerçants, des pères de familles, sans autres ressources que leurs boutiques, semblent perdus devant le mutisme des autorités dont  » le seul dialogue se limite à des arrêtés d’évacuation » nous disent-ils. « Personne ne vient écouter nos doléances pour discuter de notre sort ». A ceux qui ont pu les aborder, les responsables locaux répondent que Michelet ne possède pas de logements et de locaux commerciaux pour le recassement. Une affirmation à laquelle les « sinistrés » apportent des réponses claires. « Ce qui est une réalité ». Cependant, tous semblent perdre de vue que nous sommes des citoyens de la République algérienne et que nous sommes en droit d’être recasés dans d’autres communes ou même dans d’autres wilayas. « Pourquoi veulent-ils nous enterrer et nous affamer à Michelet ? « 

A. O. T.