« Si nos stagiaires ne sont pas insérés, ils vieilliront dans les centres »

La Dépêche de Kabylie : Quel bilan faites-vous à chaud de ce séminaire ?

Mustapha Brahmi : Que tout simplement nous constatons que nous venons de soulever un lièvre. Le problème de l’insertion de l’inadapté est d’actualité et pourtant, personne n’en tient compte.

C’est le résultat probablement de la jeunesse des associations en charge de cette frange de la population.

C’est-à-dire ?

On n’a pas eu le temps de soulever ce genre de problèmes et pourtant, si ça continue, nos centres se retrouveront avec des vieux à prendre en charge, du moment que ces jeunes vieilliront avant d’être insérés comme c’est un peu le cas au centre de Béjaïa, par exemple.

Allez-vous perpétuer ce genre de rencontres ?

Absolument. Ce n’est qu’un début qui nous a permis de faire un constat des lieux. Les autres séminaires nous apporteront assurément des solutions quant à la prise en charge des inadaptés mentaux.

Nous espérons réussir malgré les déceptions telles que celle d’aujourd’hui, où nous remarquons l’absence de presque l’ensemble des invités, notamment les autorités locales.

Qui a financé l’organisation de ce séminaire ?

Cela s’est fait par la Direction du projet d’appui aux associations algériennes de développement dans le cadre du projet ONG 2 que nous comptons organiser avec l’Union européenne. Nous avions expliqué à nos partenaires que nous ne pouvions lancer un projet sans sensibiliser les gens et expliquer les choses et ils ont accepté de financer ce séminaire.

Concernant votre association, a-t-elle un budget conséquent ?

Nous continuons à percevoir la quote-part provenant de la convention nous reliant à la Cnas et des petites subventions de l’APW et de ses différentes commissions.

Sinon, ce sont les âmes charitables qui prennent en charge la majorité de nos dépenses.

Et les parents dans tout cela ?

Ils jouent le rôle d’observateurs. Ils ne cotisent que symboliquement avec deux cents dinars par mois et avec ça, ils rechignent.

Et pourtant, l’Etat attribue quatre mille dinars pour chaque enfant handicapé, non ?

Je n’en sais rien, mais je réglerai ça ce vendredi, car ce jour-là, nous nous réunirons en assemblée générale pour mettre un terme à cette situation. Personnellement, je ne peux plus continuer à gérer de cette manière, ça nous mènera vers une fermeture certaine.

Entretien réalisé par A. Gana