Depuis la nuit des temps, la tradition a voulu que toutes les fêtes soient célébrées en période estivale. En effet, en remontant le temps, on s’aperçoit que nos aïeux avaient leurs propres raisons de choisir cette période de l’année, vu les moyens les plus élémentaires dont ils disposaient. D’abord d’une part ni les moyens de transport, ni encore moins les moyens de communications n’étaient disponibles. Les bêtes étaient alors leur unique moyen pour tout déplacement, y compris le transport de la mariée vers son foyer conjugal. D’autre part, presque tous les foyers kabyles disposaient uniquement d’une seule maison polyvalente. De telles conditions sociales très modestes ont fait que les fêtes à l’époque s’étalaient sur toute une semaine. Le choix de l’été que les fêtes à l’époque s’étalaient sur toute une semaine. Le choix de l’été était plus que favorable pour effectuer ces longs déplacement diurnes ou nocturnes, mais aussi pour permettre à tous les invités de savourer ces moments de liesse. Et puis, à l’époque, on pouvait aisément compter le nombre de personnes dans nos villages. Donc le nombre de fêtes célébrées était très réduit et moins coûteuses. Mais actuellement, et Dieu merci, ce n’est plus les mêmes conditions. On peut faire désormais le tour du monde en quelques heures seulement. Alors pourquoi s’entêter de nos jours à célébrer nos mariages à 40 c° ? Il n’y a pas que juillet et août, ni encore jeudi et vendredi. Il y a 12 mois dans l’année et sept jours dans une semaine. Chaque week-end, on assiste à un véritable défilé ininterrompu de voitures dans tous les sens, mettant ainsi la vie des personnes en danger, surtout pour les cortèges de longs trajets. Les gens sont contraints des fois à honorer 4 à 5 invitations en une journée, avec bien sûr toute les dépenses qui en découlent. Il y a aussi le gaspillage sans nom qu’il faut aussi signaler. On n’hésite pas à vous servir de la chorba, ou du couscous, dès 15 heures (35 à 40 c° à l’ombre), dans une salle étouffante, ou dans un garage mal aménagé. Ce sont des fêtes totalement dénudées de leurs charmes d’antan et très coûteuse que les gens s’efforcent à célébrer, malgré eux. Il est vraiment temps de revoir complètement tout en ce qui concerne les mariages dans la région. Les données ont complètement changé. D’une part, le nombre d’habitants de chaque village se compte en milliers, malheureusement d’autre part le taux de chômage est élevé, ce qui a basculé la barre du mariage plus haut (35 à 40 ans pour les hommes ; 25 à 30 ans pour les femmes) et qui a renforcé le rang des célibataires des deux sexes. Cette situation risque de s’aggraver d’avantage et de se répercuter négativement sur la structure, voire même la culture et les traditions kabyles.
Farid A.
