Une mairie exiguë

Chaque jour, c’est le même rituel à la mairie de Sidi Aïch, dès les premières lueurs du soleil, les citoyens affluent, un monde fou prend place devant le siège de l’APC. Une liste de « noms » prend naissance, on s’inscrit un par un.

Un rituel qui perdure il y a de cela quelques années, sans que la situation trouve écho auprès des responsables. Avant même l’ouverture, des centaines de noms sont déjà notés sur la liste, certains d’entre-eux le sont depuis la prière d’El Fadjr, chose incroyable ! A 8 h du matin, la porte de l’établissement s’ouvre, la foule se précipite à l’intérieur ; ce dernier est trop étroit pour contenir ces centaines de citoyens qui se bousculent au guichet pour prendre un ticket ; en l’absence de peu de temps, le chiffre délivré atteint les 500.

Une dame pointe à 10 h, elle jette un coup d’œil au ticket que l’agent lui tend et pâlie à la vue du numéro. « Regardez, 610 ! », lance-t-elle à l’assistance qui commence à s’impatienter. En effet, un climat de tension règne tout au long de la journée, des débordements ont souvent eu lieu.

Des bousculades, des insultes, des grossièretés fusent de partout, ça va jusqu’aux mains pour une banalité tellement les citoyens sont obligés d’attendre des heures durant pour un simple extrait de naissance ou autres papiers de base. A la sortie, un jeune homme n’a pas cessé de signaler la bureaucratie qui sévit à l’intérieur. « Pour éviter ce désagrément, nombreux sont les citoyens qui font appel à leur connaissance pour se procurer les fameux documents dont on a souvent besoin, sans se soucier de l’inconvénient que cela entraîne sur ceux qui patientent depuis des heures à l’intérieur de l’établissement. Il y a quelques semaines de cela, le service de la légalisation a été déplacé vers une annexe qui se trouve un peu loin du siège de la mairie, mais cela n’a rien changé à la situation qui nécessite une vraie réflexion de la part des responsables afin de remédier au calvaire qu’endure les citoyens ».

Souad B.