Les légumes secs que les petites bourses de Lakhdaria consomment en abondance en hiver, enregistrent en ce début de la rentrée sociale un énième relèvement du prix d’achat, et suscite ainsi des inquiétudes au sein de ceux vivant déjà dans la précarité.
C’est surtout cette montée exponentielle, évoluant toujours vers le sommet qui les intrigue, même lorsque les bourses réglementant les prix des légumes secs affichaient un fléchissement de leur valeur sur le marché mondial ; chez nous ils ont toujours stagné à la hausse.
En effet, pas plus tard que l’an passé, au premier semestre 2008, les haricots blancs, les lentilles, et les pois chiches, cédés respectivement à 80, 60 et 100 DA/kg, sont passés au 22e semestre de la même année à 100, 75 et 120 DA/kgs. Mais, avant que les ménages ne reprennent leur souffle, et qu’ils ne revoient leur petit budget de manière à en consommer moins, ces produits agricoles importés ont atteint toujours dans l’ordre : 110,95 et 120 DA/kg en début 2009, et en fin de cette même année ils se hissent à hauteur de 120,110 et 130 DA/kg.
Une ascension anormale, et non justifiée, aux yeux des faibles revenus qui, fait dire à un père de famille de Lakhdaria : « Il fut un temps, on nous offrait un potage gratuit de ces légumes secs dans les restaurants, puis petit à petit on a réglé son compte à cette soupe servie gratuitement aux pauvres ». C’est cette couche sociale démunie qui en prend quotidiennement, il n’y a qu’à faire un tour chez les pâtissiers commercialisant la « karantita », tels ceux activant sur la rue Lakhdaria. Un de ces commerçants en voyant le prix des pois chiches, déclare tout inquiet pour son affaire : « On va finir par priver les démunis et les pauvres consommateurs de ce casse-croûte ». Aussi, les ménages dont la cellule familiale dépasse six (6) membres, lesquels pour joindre les deux bouts alternaient tout le long de l’hiver les légumes secs pour leurs repas journaliers, se voient durement touchés par cette envolée, à tel point, dit le chef de famille qu’ »il est impossible pour une nombreuse famille d’acheter deux (2) kgs de lentilles à 260 DA, une somme qui n’est pas loin des 400 DA/j que je gagne ».
Parfois, lorsqu’il lui arrive d’être seul, dans ses moments de méditation, poursuit-il, « je me demande vraiment, si ceux qui nous gouvernement ont conscience du bas de l’échelle où nous nous trouvons, on est au niveau le plus bas du seuil de pauvreté ».
A. Cherif
