La Descente aux enfers

Partager

L’auteur autodidacte du prix de la ville d’Alger, Mohamed Boussadi signe un nouveau roman qui s’intitule La Descente aux enfers. Cet ouvrage raconte immanquablement le vécu d’un jeune étudiant pauvre, idéaliste, épris de justice qui est pris dans la tourmente des années 90. La trame de cette histoire s’inspire des faits réels et authentiques rapportés par des personnes, voire des quotidiens nationaux. L’histoire de Nazih, racontée par l’auteur ne diffère guère de celle de sa génération. A l’instar des jeunes de son âge, confrontés à toutes sortes de frustrations, une adolescence mal menée, et trop de problèmes au sein de son foyer familial qu’à l’extérieur. Le tout empoisonne son vécu quotidien. Et pourtant, le jeune Nazih a été un garçon qui rejette la violence, et il se démarque de ceux qui en usent. Ses fréquentations, raconte l’auteur, se limitent à un nombre restreint d’amis, de même tempérament que lui. A l’âge de 14 ans, ce jeune garçon, commence à s’interroger sur sa situation sociale. Il commence à prendre conscience de sa misérable condition sociale. Adulte avant terme ! Il s’interroge sans cesse sur son dénuement, qu’il trouve injuste, alors que d’autres étalent outrageusement leur aisance. Impuissant, mais il tente de se révolter. Le pauvre n’a pas trouvé d’autre choix pour son malaise que de s’orienter vers les pratiques spirituelles afin d’oublier sa misère. Mais c’était un début d’un mal qui mine dangereusement son existence. Durant ces années son entourage est déjà gangrené pas le soulèvement du courant islamiste. C’est l’époque de la « Nahda islamia », (l’éveil islamique), un phénomène qui déferle sur les quartiers populaires d’Alger. Le jeune Nazih se verse dans un cauchemar sans se rendre compte. Il devient un assidu des mosquées de son quartier. Il y fait des connaissances parmi lesquelles des exégètes qui parlent le langage que se plaisent à entendre les frustrés et les oubliés du système. Les événements d’Octobre 1988 arrivent. Des partis se créent. Parmi eux, celui d’obédience islamique qui recueille une adhésion massive. Mais le jeune Nazih refuse l’offre de son ami Salah qui l’incite à adhérer dans le mouvement islamiste, tout en préférant garder sa liberté. Sa rencontre avec Keltoum, une jeune fille d’une extrême beauté, le transforme et donne enfin un sens à son existence. Il reprend goût aux études et ses ambitions. Des lors, il partage son temps entre sa mère et celle qui a conquis son cœur. Mais la situation n’a pas évoluée une seconde fois : les élections de 1990 remportées par le parti islamiste basculent le pays dans la violence. La situation devient dramatique pour le pays et le jeune Nazih. Sa mère succombe à sa maladie. Elle s’éteint sous les yeux de son fils inconsolable. L’orphelin plonge dans une dépression proche de la démence. Il se laisse aller à la dérive. En plein désarroi, le jeune garçon se voit enrôlé dans un groupe terroriste, un second cauchemar bouscule à nouveau sa vie. C’est à partir de là, que l’aventure abominable de l’enfant prend l’allure. Une vraie histoire pour rafraîchir la mémoire.

Akli Slimani

Partager