Difficiles conditions de travail à l’école de garçons

Il est difficilement concevable qu’un enseignant puisse dispenser des cours dans des classes de près de cinquante élèves. Pourtant c’est la triste réalité qui prévaut actuellement, pour les maîtres de l’école du centre qui vient de déménager dans les locaux de la Maison de jeunes. Pour palier à l’insuffisance de salles, on a trouvé la solution la plus facile qui consiste à jumeler les classes par niveaux. L’essentiel est que, chacun ait une chaise.

Constatant la surcharge de la classe de sa fille, le père d’un élève de troisième nous a joints pour nous faire part de son inquiétude. « Comment fera la maîtresse pour s’occuper de chacun de ces élèves, un par un et qui de surcroît apprennent le français pour la première fois ? » inimaginable. La mission s’avère impossible quelles que soient les capacités du maître. Ce qui ne veut nullement dire que leurs camarades des autres niveaux, « parqués » dans les salles mitoyennes sont mieux lotis. On ne serait pas gêné de les mettre à trois par table, vu que l’objectif semble être celui de donner une chaise à chaque enfant. Si d’habitude, on se débarrasse des problèmes ordinaires, sans grande incidence sur la vie des citoyens de façon expéditive ; s’agissant de l’enseignement et par conséquent, de la formation de toute une génération, on se doit de faire un effort pour trouver des solutions à la mesure de l’importance du secteur. Quant à la qualité de l’enseignement dispensé, on y reviendra en fin d’année pour jeter la pierre, (encore une fois !) aux enseignants qui ne seraient pas à « la hauteur » de leur tâche. Finalement, si le niveau de l’enseignement est si bas, il faut chercher les raisons ailleurs. Le maître est devenu un fusible, comme un entraîneur de football qu’on accuse de tous les maux quand rien ne va et qu’on ne distingue jamais lorsqu’il obtient de bons résultats.

A. O. T.