Un écosystème à l’agonie

L’oued Ighzer-Amokrane qui draine un chapelet de collines boisées, est connu pour ses crues hivernales impétueuses et ses eaux limpides.

Dans un passé pas très lointain, les riverains se permettaient même de se délecter de son liquide en s’y ébrouant en période de grosses chaleurs.

Les paysans l’exploitaient pour irriguer de vastes parcours de vergers et de maraîchages dans la vallée de la Soummam. Malheureusement, tous ces bienfaits ne sont plus que de vieux souvenirs. Tout comme la faune qui peuplait l’écosystème. Au fil de ans, la sécheresse l’a privé de son élément fondamental, l’eau.

Celui-ci faisait office à la fois de niche écologique et de source alimentaire pour les poissons, batraciens et autres reptiles qui peuplaient le site.

Coulant d’abord par intermittence, le ruisseau connaît aujourd’hui un étiage grave, annihilant avec toute forme de vie. Son cours réduit à un mince filet d’eau est lamentablement souillé par les eaux résudiaires.

Les berges du ruisseau sont transformées en décharges publiques et son lit majeur tient lieu d’exutoire où s’amoncellent des immondices de toutes natures.

Autant dire un vrai cloaque tant les atteintes crèvent les yeux et les incongruités sautent à la gorge, à l’image de ces curieux enclos gagnés sur le lit majeur de l’oued pour en faire des vergers ou des parkings pour véhicules lourds !

N. Maouche