La Française qui a sauvé un Algérien

M’cheddalah, a été marquée par des moments douloureux, et de fortes émotions, cependant des Français et Algériens ont été les acteurs de gestes humanitaires inoubliables.

Après une brillante formation à l’école normale de Bouzaréah, Meziane, originaire de Tizi Rached, a reçu une affectation vers une école primaire de l’ex-Maillot, laquelle en cette période 54/62 était déjà en effervescence.

Disons le tout de suite, Meziane n’était pas le genre « baroudeur » prêt à faire partie d’un groupe de choc, ou qu’il était en mesure de remplir la mission d’abattre un ennemi redoutable de la cause nationale.

Biologiquement déjà il n’était pas apte à jouer ces rôles.

Il excellait ailleurs du fait de son éducation irréprochable et, témoigne un ami « des remarquables capacités intellectuelles qu’on a constaté chez lui, ce qui a poussé les responsables militants à se rapprocher de lui pour l’enrôler dans leurs rangs ». Dès les premiers contacts, les moudjahidine découvrirent la force inestimable de la nouvelle recrue, Meziane parlait impeccablement la langue de Molière, et il n’était pas loin du style d’écriture de Mouloud Mammeri, bref le cerveau qu’il fallait pour affronter une puissance coloniale de la trempe de la France.

Mais, DdA L’mulud encore lui n’avait pas tord en disant dans un passage du roman l’opium et le bâton « qu’il ne faut montrer son intelligence qu’en partie à son pire ennemi », car très vite les enseignants européens ne tardèrent pas à déceler les points forts de leur collègue algérien, qu’ils présentèrent dans un rapport adressé à la police comme un illuminé, fort écouté pouvant porter atteinte à l’ordre établi.

Quelques moments plus tard, un attentat à été perpétré aux environs de l’ex-Maillot ; les moudjahidines opéraient rapidement, puis s’évaporaient dans la nature sans laisser de traces, mais il fallait pour l’administrateur et sa garde trouver un suspect pour rassurer l’opinion publique quitte à endosser le coup à un innocent, alors Meziane était la victime toute désignée pour faire taire les protestations. Seulement, ironie du sort, juste en face de l’école primaire on a implanté un dispensaire où activait une infirmière française qui avait un petit faible pour ce paysan bien éduqué, intelligent, et beau par dessous tout.

A l’ex Maillot, on appréciait bien cette femme de famille aisée, taciturne, mais qui s’arrêtait toujours pour échanger quelques mots avec Meziane avant de rejoindre son lieu de travail, on savait qu’elle en pinçait pour lui, mais on à jamais vu une européenne se donner du mal pour arracher un musulman des griffes de l’armée française.

Cette femme qui vit toujours à Noisy le Sec-lyon, et que Meziane à épousé par la suite pour lui montrer sa gratitude est allée dire à l’administrateur qu’au moment de l’attentat Meziane était chez elle… Un témoignage qui permit à Meziane de retrouver sa liberté, d’œuvre rencore pour l’indépendance, et de participer à l’éducation des deux enfants de son épouse.

A. Chérif