Même si le mois d’octobre a été quelque peu chaud, les grives, ces oiseaux migrateurs ont fait déjà leurs apparitions dans les forêts et les oliveraies de la région. C’est une aubaine pour ces piégeurs qui n’attendent que cette saison car elle leur permet de gagner quelques dinars en chassant ces volatiles.
« Ce n’est pas vraiment encore le moment, mais quand même, il faut dire que les premières grives sont déjà arrivées. Nous en avons même attrapé quelques unes », nous dit l’un de ces piégeurs qui tenait quelques oiseaux sur la RN25 à la sortie du chef-lieu d’Aït Yahia Moussa en allant vers Tizi-Ouzou.
Les prix varient d’un chasseur à l’autre, ces jeunes demandent entre cent et cent vingt dinars l’unité. Il faut dire qu’en raison du chômage, nombreux sont les jeunes de cette municipalité qui se livrent à cette chasse parfois au péril de leur vie. Car ils doivent traverser des maquis où des engins explosifs y serait enfouis. « Je suis berger, et en plus, je sasse le sable et je pose des pièges en vue de fructifier les gains de ma journée de travail.
Ce n’est pas facile, vous savez. C’est notre gagne pain dans une région où aucun emploi n’est disponible », nous a répondu ce jeune, pourtant titulaire d’une licence en langue arabe. Et d’ajouter : « J’ai regretté d’avoir fait des études.
A quoi me servent-elles ? A rien. A sasser du sable et à capturer des oiseaux ? ». Notre interlocuteur ne pense qu’à quitter ce bled. « Je partirais, même si je reviendrais dans un cercueil, » n’a-t-il cessé de répéter. Comme ce jeune homme, ils sont nombreux à tendre des pièges dans le seul but de gagner leurs dépenses journalières. « Même pour aller chercher du travail, je n’ai pas de quoi payer les frais du transport.
Quand j’aurais économisé quelques billets après l’hiver, je quitterai les lieux », lance un autre jeune non-loin de notre premier interlocuteur.
Cela étant, la saison hivernale riche en oiseaux de chasse permet aux uns et aux autres de gagner un peu d’argent. « Il y a beaucoup de clients, les usagers de cette route ne sont pas si avares car ils trouvent du plaisir à déguster la viande de grives, mais il faut avoir des moyens pour en capturer.
Ce n’est pas facile de pénétrer dans les buissons que vous voyez là-bas. Nous sommes en dangers », a conclu un dernier intervenant. Ce n’est pas encore l’hiver, le gibier ne sera que plus abandon pour ces petits aventuriers.
Amar Ouramdane
