La grogne s’amplifie dans le secteur

Même si les revendications sont communes, les professionnels de l’éducation ne sont pas allés en rangs serrés, ce qui aura certainement des effets quant à l’aboutissement des revendications soulevées par le CNAPEST et l’UNPEF. Ces revendications qui tendent à devenir cycliques, puisqu’elles reviennent à chaque fois depuis pas mal d’années, les responsables concernés, au lieu de s’occuper à trouver des solutions aux préoccupations légitimes des enseignants, choisissent de faire la sourde oreille, mettant toute la famille de l’éducation et l’école algérienne dans des turbulences répétitives qui risquent, une fois encore, de compromettre l’avenir de millions d’élèves et de perturber la quiétude de toutes les familles algériennes.

Dans la daïra de Maâtkas, il faut souligner la grogne qui se fait sentir, même si l’adhésion au mot d’ordre de grève d’une semaine renouvelable auquel ont appelé les deux syndicats autonomes (CNAPEST-UNPEF) n’est pas suivie à 100 %, mais signalons que certains établissements sont totalement paralysés comme c’est le cas au lycée technique, au CEM Fekrane, au CEM de Berkouka, à l’école primaire du village Ighil Aouane et à l’école Tizi Tazougart.

Quant au lycée de Maâtkas Zellibou, le taux d’adhésion au mouvement de grève n’a pas dépassé les 25%, au CEM de Souk El Tenine, la grève n’a presque pas eu lieu, hormis deux ou trois professeurs qui ont débrayé dont les élèves ont arrosé d’ailleurs leur école de jets de pierres, les autres ont préféré travailler. L’école primaire de Taghlit était semi-paralysée, à Aït Aïssi Ouzgane, le taux a atteint 90%, selon les déclarations du coordinateur de l’UNPEF de la localité qui trouvera « nos revendications sont celles de toute la corporation, mais certains préfèrent se cacher en attendant que le gâteau soit prêt pour venir s’en servir allègrement. L’ensemble des acteurs de la corporation trouvent que les revendications sont légitimes. Ce n’est pas comme ça que nous allons arrêter notre mouvement, ne serait-ce que pour mettre fin au marasme social dans lequel se trouvent tous les travailleurs de l’éducation ».

Rappelons que dans la plate-forme de revendications, l’intersyndical (CNAPEST-UNPEF) demande entre autres l’annulation de la circulaire ministérielle qui a mis fin à l’effet rétroactif des indemnités, le relèvement des salaires en augmentant la valeur du point indiciaire, une nouvelle politique de la médecine du travail et la création d’un organisme neutre et élu pour la gestion des œuvres sociales.

Il est vrai que le piquet de grève n’a pas été observé à 100% mais rien ne dit que tous les établissements ne seront pas paralysés les jours prochains, d’autant plus que les revendications sont celles de tous les travailleurs de l’éducation.

A cela, s’ajoute la motivation des adhérents de l’intersyndical qui sera sûrement un facteur aidant à drainer beaucoup plus de monde. Dans tous les cas, la tension se fait très sensible et des dérives ne sont pas à écarter, d’où la nécessité de s’asseoir autour d’une table et de privilégier le dialogue, mais le vrai dialogue, c’est de cette oreille que les enseignants l’entendent.

H. T.