La tension qui avait prévalu pendant le match du samedi dernier et la déception qui s’en était suivie ont vite cédé la place à une ambiance festive jamais égalée, inqualifiable et dépassant de très loin l’atmosphère caractérisant les rencontres de football aussi importantes soient elles. Les comptes rendus de l’accueil qui a été réservé au Caire au onze national et à ses supporters ont davantage boosté la fibre patriotique, déjà à fleur de peau. Cela s’est tout de suite traduit par “l’attaque’’, dans la nuit du dimanche à lundi, l’agence Djezzy (voir article de B. Hafidh). En fait, ce regrettable et condamnable incident a été nourri par les rumeurs faisant état de la mort d’une dizaine de supporters algériens au Caire. Dans la matinée d’hier, des centaines de drapeaux ont difficilement trouvé support à travers les artères du chef-lieu de la wilaya. Ahurissant ! Bouira n’est plus une ville : c’est un drapeau ! Comme ce Canadien usant d’une jolie métaphore expliquait qu’il « habite un hiver », le Bouiri, à l’instar d’autres Algériens d’ailleurs, pourra dire : « J’habite un drapeau. » En plus, et c’est ce qui est remarquable, cela a été rendu possible grâce à la mobilisation spontanée des jeunes de différents quartiers. Ces jeunes, chômeurs pour la plupart, étaient prédisposés à se passer de leur tasse de café et cigarette pour habiller le quartier du plus grand drapeau. A la mi-journée, et c’est devenu un réflexe, d’énormes baffes déversant des tonnes de décibels se mêlent à l’ambiance. Les automobiles y ajoutent un peu de leur grain de sel. Klaxons et feux de détresse seront mis à contribution. A propos d’automobile, un véhicule léger, désormais connu à Bouira, a subi un tuning complet à l’effigie des verts. Infatigable, la voiture-mascotte n’arrête de sillonner les artère de la ville que pour faire le plein d’essence. Et quand la rencontre drapeaux, baffes et klaxons a lieu, les youyous fusent des balcons. Sans avertir, cette ambiance baissera d’un cran. Cela s’explique par le fait que les jeunes fêtards ont décidé d’affluer vers le siège de la wilaya pour s’y rassembler et exiger les billets pour Khartoum. Et c’est sur fond de « Bouteflika aâtina les billets ! » que des centaines de jeunes manifestaient leurs frustrations. « Toutes les wilayas ont eu leur lot de billets ! Pourquoi pas nous ! », hurle un jeune protestataire en face d’un officier de police. Rassemblement plus important devant les locaux de Air Algérie.
Nous y rencontrons un délégué des Archs décidé à exporter son “Ulac Smah Ulac” à Khartoum. Les dairas aussi sont prises d’assaut. A ce propos, notre correspondant à M’chedellah nous apprendra que la daïra ne fermera ses porte que très tard dans la nuit du dimanche parce que le chef de daïra aura a apposé son sceau et sa signature sur de nombreux passeports.
Inoui ! les verts ont réussi à faire oublier à tout ces jeunes de « un passeport pour l’Australie. »
Salas O. A.
