Les unités de soins au nombre de 26 reparties sur six communes à travers la daïra de M’chedallah et relevant de l’ESP, tournent en majorité avec un effectif réduit à un seul infirmier.
Hormis, celles situées aux chefs-lieux des communes qui ont bénéficié d’un organigramme jugé suffisant, et l’on comprend pourquoi, car une inspection de haut niveau ciblerait ces unités à la portée des … regards, le reste sont superbement ignorées et fonctionnent avec un seul agent du paramédical appelé à faire face à un programme d’activités qui dépasse de loin, les capacités d’un seul infirmier pour assurer une couverture médicale qui comprend entre autre : les consultations médicales, la vaccination, la santé scolaire et la prévention en générale, et l’éducation scolaire en particulier. En plus de ce programme assez chargé, l’unique infirmier doit aussi faire office de régisseur pour l’établissement des quittances, agent d’accueil et même l’entretien est laissé à sa charge, quand au gardiennage et la sécurité, ils sont confiés à …Dieu.
De sources sûres de ce secteur qui ont requis l’anonymat, elles soulignent qu’en dehors de l’infirmier, le reste des agents affectés aux unités de soins des chefs-lieux des communes sont employés dans le cadre du filet social, par conséquent difficiles à gérer étant rémunérés par les APC. A noter que les unités de soins sont reparties à travers les villages en zones rurales dont la plupart sont situées en hautes montagnes et enclavées. Des zones que frappent de plein fouet, toutes sortes d’épidémies dont celles saisonnières, tel la grippe et les maladies à transmission hydrique (MTH) en raison de la précarité sociale autour de laquelle, gravitent toutes les insuffisances, facteurs de ces maladies endémiques tels le manque d’hygiène, habitations insalubres, sous alimentation entre autre auxquels s’ajoutent un climat exceptionnellement rude et un relief fort accidenté où l’on s’expose à de multiples dangers au moindre mouvement, particulièrement durant les campagnes de récoltes (oléiculture, fenaison, labours) qui occasionnent des blessures qui nécessitent bien souvent des prises en charges urgentes, comme ces graves hémorragies qu’occasionnent les menus travaux des champs en plus des fractures.
Que peut faire un seul infirmier quand il se retrouve dans de telles situations d’ailleurs assez fréquentes et qui demandent la mobilisation de toute une équipe médicale en urgence et au grand complet avec comme seul équipement une petite trousse de secours ? Que peut faire un infirmier qui ne dispose même pas d’un téléphone fixe pour demander de l’aide ? A noter que ces 26 unités de soins qui ne peuvent être qualifiées que de simples salles de secours font face à une population estimée à 120 000 âmes. Une population parmi laquelle sévissent toutes les maladies du siècles telles le diabète, l’hypertension, le stress et l’angoisse avec leur lots de séquelles et d’effets secondaires.
Notre source ajoute que ces infirmiers qui exercent en zones éparses font souvent les déplacements à pied, à travers les agglomérations et les écoles et trimballant leurs trousses à bout de bras, elle déplore, la non contribution des APC en matière de transport malgré le fait que plusieurs APC se soient dotées d’ambulances. Notre interlocuteur évoque un dernier point… Noir, qui est le fait que plusieurs unités de soins implantées dans ces coins isolés sont tenues par des infirmières sans aucune protection ; elles s’exposent à des agressions à tout moment et ce ne sont pas des drogués à la recherche du moindre comprimé pouvant les soulager dans des moments de manque qui… Manquent.
Oulaid Soualah
