Décidément, la récupération ne semble pas pas être le point fort des gestionnaires des écoles primaires ni encore moins des APC dont dépend l’équipement de ces écoles.
Dans les cours de nombreux établissements du cycle primaire qu’on a visitées depuis la rentrée scolaire de l’année en cours, c’est le même décor déplorable amoncellements et d’accumulations du mobilier scolaire entreposé dans un coin de la cour où l’on constate des tables, des chaises et même par endroits des estrades en bois jetés pèle-mêle et exposés aux intempéries.
Dans ces tas de mobilier reformé, la plupart de ces tables et chaises ne sont même pas abîmées, sinon un pied déformé ou dessoudé, des chaises qui ont un côté du dossier détaché et dont il suffirait de 4 vis pour servir encore longtemps ou une simple soudure pour récupérer des tables par centaines.
Et comment en serait-il autrement quand cet inadmissible gaspillage est une responsabilité partagée entre les responsables des écoles et ceux des APC qui constituent un échappatoire pour éviter de rendre compte de cette négligence que chaque partie rejetterait sur l’autre. Et leur conscience ? Comment font-ils pour la tranquilliser ? Et l’on s’étonne encore pourquoi nos enfants ont développé pour la plupart un instinct de “casseurs”.
Quand on ne fait même pas le geste de civisme dans un établissement à vocation éducative et pourtant, il suffirait d’un simple atelier qui ne demande comme équipement qu’un poste à souder et des tournevis, un menuisier, un soudeur et un manœuvre pour récupérer tout ce matériel et l’utiliser durant des années encore. Il serait naïf de croire à une absence d’initiative ou de moyens mais… les fournisseurs de ces établissements doivent “mal-vivre”, la création d’un atelier de réparation dans chaque daïra cela réduirait sensiblement leur chiffre d’affaires. Un cas valable aussi pour les fournisseurs des cantines scolaires.
Dans le plus pire des cas, ces tas de mobiliers scolaire réformés pourraient faire l’objet d’une vente aux enchères au lieu de les laisser pourrir en plein air. Dans un certain sens, on aimerait une nouvelle crise économique pour réduire des gaspillages effarants à tous les niveaux et dans tous les domaines. L’on se rappelle dans les années 80 de l’opération de… chasse à la mauvaise gestion lancée par les pouvoirs publics ciblant tous les secteurs, le résultat obtenu à l’époque, une opération qui a donné des cauchemars : tous les gestionnaires du secteur public faisaient des heures supplémentaires pour effacer toute trace de négligence ou de défaillance et qui veillent au grain au bon fonctionnement de leurs secteurs respectifs. C’était une période où les lobbys, le régionalisme, les affinités politiques et la corruption n’avaient pas encore pollué les rouages de l’administration…
L’on se surprend à regretter cette période où il y avait moins de liberté, mais aussi moins de gaspillage et plus de rigueur dans la gestion et surtout de la nourriture à bon prix. En attendant que l’on daigne se pencher sur le cas de ce mobilier réformé et abandonné, les petits écoliers auront tout le loisir d’admirer le bel exemple que leur offrent les adultes à travers ces cimetières de tables et de chaises.
Oulaid Soualah
