« Trente-cinq mille dinars ! » soit trois millions et demi, tel est le prix qu’il faut consentir pour se payer le mouton de l’Aïd. Pour Si Rabah, un octogénaire, cette somme est vraiment colossale pour une seule bête.
« Je ne peux pas me permettre un tel sacrifice avec ma modeste pension. D’ailleurs, mes enfants même avec leurs petits revenus et leurs familles à charge ne peuvent pas se le permettre. Néanmoins, avec l’aide de Dieu, nous allons voir, et espérer puisque nous avons un dernier mercredi (jour de marché hebdomadaire) à Tighilt-Bougueni, voir les prix diminuer », nous déclare notre interlocuteur complètement abattu.
Par ailleurs, d’après des sondages de certains comités et associations auprès des villages de la localité, le nombre de foyers ne pouvant pas se permettre ce sacrifice estt très important par rapport aux années précédentes. « Pour l’Aïd Esseghir, nous avions acquis de beaux moutons à 26000, 27000 et 28 000 DA mais voilà que ces mêmes bêtes à l’heure actuelle coûtent 10 000 DA de plus », nous déclare un membre d’une association locale.
Ce père de famille nous avoue quant à lui qu’il a déjà réservé pour les besoins une tête de mouton « Bouzelouf » depuis une quinzaine de jours.
Essaid N’Aït Kaci
