Le Soudan n’est pas l’Egypte

Attablé dans une terrasse de café au centre du village n’Ath Mendès, dans la commune de Boghni, un vieux, les yeux larmoyants, scrute activement les jeunes en transe. Emblème national à la main, tambour battant, ces jeunes sans répit, scandent : one, two, three, viva l’Algérie.

« Depuis l’indépendance, je n’ai pas vu ça. C’est une ambiance chaleureuse qui m’a replongé dans le passé. On dirait 62 qui est revenu », disait ce vieux. Les Verts en Afrique du Sud, inch’Allah ya rabbi, El Khadra, nmout aâlik, Soudan rana djaâyin… En somme, tous sont d’accord pour clamer que les Verts n’ont pas encore dit leur dernier mot.

Pour la plupart, ce n’est qu’une partie remise. Le vainqueur d’hier sera vaincu aujourd’hui. L’Egypte est déconsidérée. « Les Egyptiens jouent mal ; d’ailleurs, c’est la peur qui les a poussés à commettre leurs actes abjects », a dit un fan en substance.

A quelques heures du choc, les jeunes, Ath Mendès, pour ne pas dire toute la population du village, vivent au rythme des Verts, sur lesquels ils fondent de gros espoir pour renouer avec la joie.

Dans l’attente de voir les Verts se qualifiés au Mondial Sud-Africain, place aux préparatifs de la fête. Les jeunes sillonnent toutes les artères en incitant tout le monde à prendre part à l’événement. Du jamais vu pour la population post-indépendance.

Comptant sur les chances et le courage de nos guerriers, et en sachant que les tambours ne résonneront plus pour les Egyptiens, car le Soudan est un pays ami et la fête aura lieu, inch’Allah ya rabbi.

Ali Khalfa