En Kabylie, la formule la plus répondue n’est autre que l’autoconstruction, seulement l’aide allouée aux prétendants est jugée par les matériaux de construction connaissent une flambée halucinante ces derniers mois. Ce qui a contraint les bénéficiaires à arrêter les travaux en attendant la baisse des prix. Pour la localité de Maâtkas, une région trop peu gatée par Dame Nature puisque le foncier est accidenté et en pente roide. Ce qui oblige les constructions à dépenser une bonne partie de l’allocation en travaux de terrassement. Une fois arrivé à l’acquisition des matériaux de construction, l’opération s’immobilise devant la cherté. Un quintal de ciment atteint un prix inimaginable de 14 000 DA, le fer de diamètre 8 est vendu à
5 000 DA le quintal, celui de diamètre 12 à 4 300 DA et enfin l’acier de diamètre 14 n’est cédé qu’à partir de 4 700 DA le quintal évidemment. Quant au sable, il est vendu à 95 000 DA le camion de 10 tonnes. La brique rouge fait 16 DA l’unité et le parpaing à 26 DA l’unité. Nous n’allons pas parler du prix de la faïance, du carrelage et de tous les autres produits destinés à la finition car rares sont ceux qui attaignent cette étape avec les 70 millions accordés par l’état dans ce cadre. Pour Dda Amar, un bénéficiaire de l’autoconstruction, « construire un logement F2 avec 70 millions en Kabylie est franchement impossible. Le terrassement déjà vous consomme au moins 10 millions de centimes, les fondations, les pieds de départ, le chaînage, les poteaux, les murs et la dalle coûteront au moins 60 millions, la boiserie, le carellage, le crépissage et toutes les opérations de finition coûteront aussi une cinquantaine de millions de centimes. Alors pour pouvoir achever ce logement il faut 120 millions sans compter les frais de main-d’œuvre que nous assurons nous-mêmes ». Hocine un autre jeune père de famille, rencontré à Souk-El-Tenine enchaînera : « Je dois d’abord vous dire que l’assiette foncière dont je dispose n’est pas trop accidentée, donc je n’ai pas à effectuer des travaux de terrassement et puis je n’ai pas besoin de main-d’œuvre puisque je fais tout moi-même. Avec les 70 millions que m’a accordés l’état, j’ai pu mettre mon logement debout. Sans pour autant le finir totalement. Il me reste la boiserie, les finitions et même les murs de séparation à l’intérieur alors que les 70 millions sont totalement dépensés. Les prix des matériaux ont flambé, l’acier je l’ai payé à
9 000 DA le quintal, c’est trop cher. L’état devra revoir à la hausse l’enveloppe financière ou agir pour faire baisser les prix, sinon personne ne pourra construire. » En effet, pour atteindre l’object de résoudre la crise de logements qui empêche des millions d’Algériens de vivre dans des conditions humaines et efficientes et de permettre aux dizaines de milliers de vieux célibataires de fonder des foyers, l’état devra agir de la sorte à ramener les prix à la baisse ou alors augmenter l’enveloppe financière allouée à cet effet. Car pour l’instant les 70 millions de centimes sont insuffisants à édifier un logement décent. Dailleurs, pour pouvoir bénéficier de la dernière tranche, il suffit juste d’embellir l’extérieur. Ceux qui ont d’autres ressources achèvent les travaux. Quant aux modestes, ils continuent d’attendre et d’ésperer d’autres aides de l’état qui tardent à venir.
Hocine Taïb
