« La CNAS supporte une lourde charge économique et sociale en matière de réparation des risques professionnels », nous a confié un responsable de cet organisme officiant au centre de Bgayet. Dans la branche « accidents de travail et maladies professionnels », les dépenses de la CNAS sont, de l’aveu de notre interlocuteur, supérieures aux cotisations des assurés sociaux. Cela engendre des conséquences, notamment sur le plan humain et sur la perte de productivité, « elles sont pratiquement impossibles à quantifier », soutient ce responsable. Se référant à une disposition de la loi régissant la médecine du travail, un médecin-conseil nous explique : « La préservation de la santé et de l’intégrité physique du travailleur est une responsabilité légale de l’employeur ». De même que le texte fait obligation à l’employeur, soit de recruter un médecin du travail, soit de passer une convention avec le secteur public.
En dépit de ces cœrcitions légales, la couverture sanitaire en milieu professionnel laisse à désirer à Bgayet. « Moins d’un travailleur sur trois en bénéficie », estime le praticien.
Un taux, somme toute, dérisoire, jugé pourtant « optimiste » par un cadre de la CNAS. « La santé du travailleur n’est pas la préoccupation majeure de la plupart des employeurs », tempère-t-il.
Cette situation est imputable, selon nos sources, à la conjoncture économique, les difficultés des entreprises, le rétrécissement du marché de travail et la menace du chômage. Sur un tout autre registre, nos interlocuteurs mettent en exergue les missions dévolues à l’inspection du travail investie du pouvoir de puissance publique dans le contrôle de l’application des dispositions légales en matière de prévention des risques professionnels.
De même, ils ont souligné le rôle que peuvent jouer les syndicats en contribuant à préserver le seul capital du travailleur : sa santé.
Le contexte actuel qui tend vers une économie libéralisée, repose de manière pertinente l’éternelle dialectique du rapport entre travailleurs, détenteurs de la force du travail et producteurs de richesse et les patrons détenteurs de capitaux et du pouvoir de l’argent.
N. Maouche
