Le secteur de l’éducation est connu pour être le secteur le plus perturbé du pays. La grogne et les grèves sont devenues cycliques. L’autorité concernée, au lieu de prendre sérieusement les doléances des protestataires en charge, elle ingénue des techniques et des méthodes visant simplement à casser le piquet de grève, même pour quelques mois. Une fois l’accalmie revenue, les enseignants et leurs syndicats se rendent compte que leur état n’a pas évolué.
Les salaires ne sont pas augmentés, du moins suffisamment, le statut particulier demeure inappliqué correctement, le point indiciaire et les indemnités ne sont pas relevées sensiblement, les logements ne viennent toujours pas, la retraite à 25 ans demeure elle, aussi, un mirage et la régularisation des contractuels et des vacataires est renvoyée aux calendes grecques.
Ce qui fait que les professionnels du secteur optent pour une énième grève qui, sans l’ombre d’aucun doute, ne réglera pas définitivement le litige opposant les travailleurs de l’Education à leur tutelle.
Et la protestation reprendra de plus belle dans quelque temps et le film continue par épisode et rebondissement. C’est ce que les techniciens appellent le cercle infernal. Seulement, dans ce cercle, il n’y a que les élèves qui laissent des plumes, ce sont à coup sûr les perdants. Le ministère ne cesse d’appeler à la raison et à la sagesse. Enfin, leurs beaux discours habituels. Tout cela, pour protéger l’intérêt des élèves qui est, faut-il le préciser, leur dernier souci alors que des solutions existent, il faut juste une réelle volonté afin mettre un terme à cette éternelle situation conflictuelle.
Du côté des enseignants, à la première occasion, ils font ressortir leur carte fétiche : « Nous sommes aussi des parents et nous avons des enfants scolarisés dans nos écoles, alors l’intérêt des élèves c’est aussi notre affaire ». Du vrai dans ce qu’ils disent. Seulement, un mois de grève c’est trop long et trop lourd et les conséquences seront pénalisantes. Les parents d’élèves dont unebonne majorité préfèrent rester les bras croisés et ne se mêlent guère à la foule. S’agit-il d’un laisser-aller ou évitent-ils de jeter de l’huile sur le feu ?
Quant au premier responsable de la fédération des parents d’élèves, celui-ci trouve que les profs n’ont aucune raison de poursuivre leur grève car le ministre s’est engagé concrètement et par écrit à régler tous les problèmes du monde de l’Education. Comme si les éducateurs n’ont pas de perssonne habilitée à discuter avec le ministre. Alors que les représentants du secteur sont nombreux et connaissent l’état des lieux, donc plus habitués à défendre l’intérêt de leurs collègues. Dans tous les cas, il faut reconnaître que tous les élèves ont réellement perdu de nombreuses heures de cours qu’il sera impossible de récupérer. Il n’est pas facile de récupérer un mois lorsque l’on sait que même sans grève, il était difficile d’achever correctement le programme que l’on trouvait surchargé, il n’y a pas si longtemps. Alors, avec un mois de débrayage, aucun mécanisme ne pourra permettre la récupération du temps perdu. Alors, les bons résultats enregistrés ces deux dernières années dans notre wilaya seront vraiment compromis et personne ne dit que la grève ne reviendra pas.
Hocine Taïb
