Moussa Tertag, ancien journaliste originaire de Bouira, s’est, par un heureux effet d’entraînement, retrouvé derrière une caméra. Posture artistique qu’il entamera d’emblée avec l’ambition de nous concocter une fiction en kabyle. Et pour mener son projet à bon terme, il misera sur la volonté, la solidarité et la disponibilité des citoyens. A ce propos il expliquera dans un entretien accordé à un confrère : « A vrai dire, nous n’avons pas sollicité les institutions de l’Etat, ni en chapitre de subventions, ni en matière de structures. Dès le départ, nous avons voulu un film indépendant, et nous avons sollicité l’unique aide de la population. L’appel a été entendu, le peuple s’est emparé du projet et la solidarité inter-Kabyle a, encore une fois, très bien fonctionné ; des citoyens nous ont offert les décors, le gîte et le couvert, des dizaines de talentueux comédiens se sont présentés en volontaires pour participer. Les Kabyles se sont tellement emparés du film que même l’option de chercher des sponsors a été abandonnée. Vu l’apport collectif considérable, je peux affirmer que le film est non seulement un film d’expression Kabyle mais un film de la Kabylie ». Pur palier au manque budgétaire dans la réalisation du film, Tertag nous dira qu’il a mis sur pied une coopérative (Haizer-Prod) regroupant un certain nombre d’artistes liés par un contrat moral d’entraide. Ainsi, donc Haizer Prod et la solidarité qu’elle a suscité ont donné vie à « Iâdawen n Tudert (Ennemis de la vie) ». Le film traite de la femme kabyle (contemporaine) et des pesanteurs sociales qui la tirent vers le bas. Dualité (ou complémentarité, c’est selon) entre la volonté de s’inscrire dans la modernité et le besoin de s’accrocher à son authenticité y sont mis en exergue. A souligner que le film sera très prochainement projeté dans quelques villages Kabyles, une manière de remercier la prédisposition des uns et des autres
Salas O. A.
