L’objectif du président français Nicolas Sarkozy d’expulser plus de 25 000 personnes en 2009 a été atteint selon le département de l’Immigration et de l’Identité nationale, dirigé par le controversé ex-socialiste Eric Besson. Depuis l’arrivée de Sarkozy à la tête de l’Etat français, plus de 55 000 personnes résidant illégalement dans l’hexagone ont été reconduites à leurs frontières, essentiellement des émigrés issus des pays encore en guerre et du Maghreb.
Ce sont les Afghans et les Kurdes d’Irak qui sont la cible prioritaire des autorités françaises, notamment dans « la jungle de calais » dont l’évacuation a provoqué un tollé au sein de l’opinion publique.
Les Maghrébins sont aussi les plus ciblés par cette campagne afin d’atteindre les objectifs fixés. Ainsi en 2008 et 2009, le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale a indiqué que « plus de 6000 Algériens ont été expulsés du territoire français », et reconduits en Algérie à bord de charters, appelés communément par les associations françaises des droits de l’homme ainsi que les socialistes « les charters de la honte ». Selon Eric Besson, « les personnes expulsées résidaient illégalement sur le territoire français et la plupart était munie de faux papiers ».
Actuellement, les Maghrébins subissent une vraie traque, une chasse à l’homme sans précèdent, et les Algériens arrivent au premier rang des nationalités expulsées de France, suivie par les Afghans et les Marocains.
Néanmoins, les associations de défense des droits de l’homme affirment que « la majorité des personnes expulsées avait un contrat de travail et payait ses impôts, et certains étaient en attente du statut de réfugiés politiques, mais renvoyées dans leur pays qui sont en guerre ».
La multiplication des arrestations et des contrôles a atteint son paroxysme ces derniers temps. S’exprimant depuis Calais l’été dernier, le président Français Nicolas Sarkozy avait déclaré que « l’Europe se doit de mettre en place un plan et une nouvelle politique d’immigration communs et efficaces de lutte contre l’émigration illégale et clandestine » afin de « protéger son économie » !
Autrement dit, il prône une nouvelle politique : « Une immigration professionnelle et choisie, provenant des pays de l’Est, qui doit répondre aux besoins des entreprises et être adaptée aux capacités d’accueil de la France, compte tenu des évolutions de la conjoncture économique ».
En effet, la loi du 24 juillet 2006 sur l’immigration et l’intégration établit une liste de 30 métiers dont la France enregistre des manques, mais la main-d’œuvre doit provenir essentiellement des pays de l’Est, entre autres, Roumanie, Bulgarie, Ukraine, etc.
Les travailleurs tunisiens et sénégalais peuvent, quant à eux, solliciter du travail, vu les accords signés entres ces pays à condition que les postulants figurent sur la liste des métiers.
Les Algériens sont devenus indésirables en France, et le débat qui prévaut actuellement outre mer, au sein des pays européens et notamment en France ne fait qu’envenimer les choses. Le référendum sur les minarets a jeté un froid dans les relations bilatérales entre certains pays dont l’Algérie, qui a réagi par le biais du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, indiquant récemment que « les comportement islamophobes et xénophobes nourrissent le terrorisme et certaines déclarations sont à la limite du nazisme ».
Aussi, le président la République Abdelaziz Bouteflika a donné des instructions strictes au département de Djamel Ould Abbas afin de défendre les droits des Algériens à l’étranger, ainsi que la résolution de tous les problèmes qu’ils pourraient rencontrer.
Hacène Merbouti
